Le Cygne noir 2017-2018

Le Cygne noir 2017-2018

Journal des élèves de l'IPSA Paris

A la découverte du Vovinam Viet Vo Dao

Le Vovinam Viet Vo Dao est né à Hanoï, la capitale du Vietnam en 1945. Ce sport a été créé par le maître Nguyen Loc. En 1930, âgé de 18 ans, il décide de voyager à travers le monde afin de rencontrer les différents maîtres d’arts martiaux, de lutte, de boxe afin de rassembler un ensemble de techniques pour créer un nouvel art martial. À partir de 1938, il commence à codifier et structurer en secret certaines techniques. Il commence à enseigner cet art à ses premiers élèves notamment à Le Sang qui deviendra son plus proche disciple, son ami, son successeur après sa mort en 1960 à Saigon. Ce n’est qu’en 1945 que l’art martial du nom de Vovinam naît à Hanoï et deviendra par la suite l’art martial national vietnamien.

Coup de pied acrobatique

Coup de pied acrobatique

Maître Le Sang passa toute sa vie à développer, enrichir et diffuser le Vovinam à travers le monde avec ses nombreux disciples. Il est aussi appelé le maître patriarche. Jusqu’à sa mort, en 2010, le maître Le Sang vécut au To Duong qui est le sanctuaire du Vovinam Viet Vo Dao. C’est là que reposent les cendres du maître fondateur, Nguyen Loc, ainsi que les siennes. Les pratiquants du monde entier peuvent y venir pour se recueillir ou recevoir l’enseignement de Maître Sen, qui est le maître le plus gradé, avec le président du conseil des Maîtres, Nguyen Van Chieu.

C’est dans les années 1970 que le Viet Vo Dao arrive en France. Ce sont les Maîtres Tran Nguyen Dao et Suddo Russlan qui l’implantèrent. On peut maintenant pratiquer ce sport dans la plupart des grandes villes.

Comme beaucoup d’arts martiaux, le Vovinam a une philosophie. Voici les 10 principes fondamentaux (tâmniêm) :

  1. Atteindre le plus haut niveau de l’art pour servir l’humanité
  2. Être fidèle à l’idéal du Viet Vo Dao et être dévoué à sa cause
  3. Être toujours unis, respecter les Maîtres et les aînés
  4. Respecter rigoureusement la discipline, placer l’honneur au-dessus de tout
  5. Respecter les autres arts et n’utiliser le Viet Vo Dao que pour la légitime défense
  6. Cultiver la connaissance, forger l’esprit, progresser dans la voie
  7. Vivre avec simplicité, fidélité et noblesse d’esprit
  8. Développer une volonté d’acier, vaincre les difficultés, surmonter tous les obstacles
  9. Être lucide, persévérant et actif
  10. Être maître de soi-même, modeste, respectueux, tolérant et progresser en se remettant constamment en question

Le système de grade n’est pas différent des autres sports de combat, il fonctionne par ceinture de couleur ainsi qu’avec des barrettes de couleurs cousues ou collées sur la ceinture.

La spécialité du Vovinam Viet Vo Dao

Un ciseau frappé

Un ciseau frappé

Le Viet Vo Dao est réputé pour ces ciseaux volants, c’est ce qui en fait l’un des arts martiaux les plus impressionnants. En quoi consiste un ciseau ? Un ciseau consiste à attaquer un ou plusieurs adversaire(s) en le saisissant ou le percutant avec ses jambes. On a l’impression que le pratiquant s’envole dans les airs pour venir se poser sur l’opposant. On compte 21 ciseaux techniques. Il existe une épreuve regroupant tous ces ciseaux, appelée Don Chan.

Un large panel de techniques

Dans le Viet Vo Dao on retrouve aussi des quyens qui sont l’équivalent des katas (enchaînements codifiés de coups), de la lutte, des combats, des selfs défenses, des da luyen féminin/masculin (une personne contre trois agresseurs). Le programme technique comporte aussi le maniement d’une quinzaine d’armes comme le couteau, le double-couteau, le sabre, le bâton. Cependant on retrouve aussi des armes atypiques comme la hache, la hallebarde, la baïonnette, la machette, la règle, l’éventail, le parapluie, la canne, l’écharpe…

Image 4

Ciseau trois têtes

C’est donc un sport très complet et très acrobatique qui met surtout l’accent sur le fait qu’on ne doit pas utiliser ce qu’on apprend pour se battre mais uniquement en cas de légitime défense. Au début, on s’inscrit dans un sport de combat pour apprendre à se défendre. Une des raisons qui fait que les pratiquants restent c’est cette diversité au niveau des techniques sans compter les ciseaux. Quand on apprend à faire des ciseaux, au tout début, c’est difficile, on a l’appréhension de la peur du vide quand on saute, on a peur de se casser un os si on retombe mal, et bien d’autres peurs. Mais lorsqu’on réussit un ciseau, on a un sentiment d’exaltation, de puissance car on sait qu’on s’est dépassé. Les ciseaux nous apprennent à nous faire confiance les uns les autres car, certes, il y a celui qui fait le ciseau, mais aussi celui qui le reçoit et les deux personnes doivent mutuellement se faire confiance, sinon elles ne réussiront pas ou se blesseront. Au travers de ce sport, on apprend des choses utiles pour la vie quotidienne, comme faire confiance aux autres, développer sa mémoire, le travail d’équipe, être autonome, créatif (pour les démonstrations)…

Le Vovinam Viet Vo Dao est un sport en plein essor. En effet, il existe une fédération internationale depuis 2010. On peut aussi le retrouver au festival des arts martiaux.

Un ciseau frappé

Le Viet Vo Dao au Festival des arts martiaux à Bercy

 Lucas Bassi

En savoir plus

Fédération Française de Vovinam Viet Vo Dao

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