Le Cygne noir 2017-2018

Le Cygne noir 2017-2018

Journal des élèves de l'IPSA Paris

Airbus

Mis en ligne en décembre 2017
15 novembre 2017 : c’est la date de la plus grosse commande jamais passée dans l’histoire de l’aéronautique. Signée par l’entreprise Airbus au salon aéronautique de Dubaï cette commande comprend 430 avions A320 pour l’entreprise Indigo Partners (société de location d’avions), soit un montant s’élevant à près de 50 milliards de dollars. De plus, un peu plus tard dans la journée, Airbus a également confirmé une seconde commande de 90 appareils de la famille A320neo. C’est une bouffée d’oxygène pour l’entreprise européenne qui a depuis des années un chiffre d’affaire grandissant, mais depuis un an les bénéfices de l’entreprise avaient chuté de plus de moitié.

 

Les difficultés financières d’Airbus

S. RAMADIER. Photo de l’A400m lors de son vol d’essai

En effet, quelques projets d’Airbus n’ont pas eu l’effet désiré c’est par exemple le cas de l’A400m (avion de transport militaire), bien que ce soit le programme militaire le plus ambitieux jamais lancé en Europe, suite à un crash en vol d’essai coutant la vie à 6 membres d’équipages et a des retards de livraison de 4 ans, ce projet coute à l’entreprise plus de 30 milliards d’euros, soit plus d’un tiers du montant d’origine. Et le problème est sensiblement le même avec l’A380 qui n’a pas connu le succès attendu et depuis maintenant 10 ans Airbus ne l’a toujours pas rentabilisé. De plus la Chine s’ouvre au marché de l’aéronautique et en acquière de très nombreuses technologies « mais un grand fossé reste très présent entre la Chine et Airbus et Boeing » Le Monde.

 

Des investissements qui ne cessent

La Dépêche, A320 néo d’Airbus lors de son 1er vol

Malgré ces importantes pertes d’argent, Airbus continue d’investir dans de nombreux projets futurs comme le démontre la récente sortie de l’A320 néo, qui connaît un très bon succès. De plus Airbus continue de produire en masse, en effet l’avionneur a livré en septembre 55 appareils, dont 40 avions de la famille des A320, sept A330-300, sept A350-900 et un A380. Compte tenu des livraisons des mois précédents, cela porte à 454 le nombre d’appareils livrés par l’avionneur depuis le 1er janvier 2016. Son carnet de commandes ressort à 6 691 appareils à fin septembre, soit l’équivalent d’environ neuf années de production. Et avec la récente commande des 430 avions A320, Airbus a une production assurée pendant quelques temps avec une cadence de production de 60 appareils par mois. Ces commandes sont en constantes augmentations depuis 1990, elles ont été multipliées par 6. Depuis 2003 elles sont supérieures à celles de Boeing, principal concurrent. De plus Airbus investit fortement dans le rachat d’entreprise de production comme Sepang Aircraft Engineering (un centre de maintenance, de réparation et d’opération basé à Kuala Lumpur) devenue une filiale à 100% d’Airbus ce qui a permis à ce dernier d’occuper une position clé dans sa stratégie de croissance sur le marché dynamique de l’Asie-Pacifique. On peut aussi citer le rachat de la famille CSeries de Bombardier. Airbus et Bombardier vont ainsi créer une société commune baptisée CSeries Aircraft Limited Partnership (CSALP) qui sera entièrement dédiée à la production et à la commercialisation des monocouloirs CS100 et CS300 de Bombardier. Cette structure sera détenue par l’avionneur européen avec une participation de 50,01%. Le marché des monocouloirs est estimé à plus de 6000 nouveaux appareils sur les 20 prochaines années.

Intérieur d’un monocouloir

Ainsi de par les très importantes dépenses d’Airbus depuis ces deux dernières années, son chiffre d’affaire continue d’augmenter témoignant de la place que l’avionneur européen occupe toujours dans le monde aéronautique et de son poids grandissant. Mais avec ces projets n’ayant pas eu le succès attendu, les bénéfices de l’entreprise chutent grandement bien que cela ne l’empêche pas d’investir. Airbus est une puissance économique soutenu par l’union européenne mais si cette situation perdure l’entreprise risque d’atteindre un point critique qui se répercuterait sur toute l’UE, plus de 130 000 postes disparaitraient. Mais grâce à la dernière commande des 430 appareils, Airbus se montre très confiant sur la suite des évènements.

Raphaël Sonnet

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