Le Cygne noir 2017-2018

Le Cygne noir 2017-2018

Journal des élèves de l'IPSA Paris

Carl Achy, un parcours atypique qui en fait rêver plus d’un

Mis en ligne en mai 2017

Carl Achy, cornerback des Rouge et Or, 2016. (Photo : Dorothée Harvey)

Le football américain est un sport peu connu et peu pratiqué en France. La FFFA (Fédération française de football américain) ne compte que 22 962 licenciés (contre 2 millions de licenciés à la fédération française de football). Certains jeunes français n’ont pas hésité à tout plaquer pour partir vivre leur rêve sportif sur le continent américain. Comme Sébastien Sejean ou, plus récemment Carl Achy. Originaire d’Amiens, il joue maintenant pour l’équipe universitaire de Laval au Canada. Et il a accepté, malgré le décalage horaire, de répondre à nos questions.
Ce sport est méconnu étant donné qu’il a été récemment importé en France (1980). Par ailleurs, il a du mal à se faire une place sur les plateformes télévisées qui diffusent du sport. Le niveau des français dans ce sport est bien inférieur à celui des américains ce qui est logique, pour les américains le Foot US fait partie intégrante de leur culture. Il est vrai que les américains sont beaucoup plus nombreux à pratiquer le foot US, et cela depuis leur plus jeune âge. D’ailleurs les ligues collégiales et universitaires sont très sérieuses, elles permettent aux jeunes d’étudier et en même temps de s’améliorer du point de vue sportif. Ce sont ces ligues qui donnent naissances aux plus grands joueurs de NFL.

Les carrières rares et difficiles des français en NFL

Pour les joueurs français, il est difficile d’envisager une carrière dans le haut niveau américain, seulement 2 pôles espoirs existent en France (Amiens, Bordeaux). La formation n’est donc pas très développée à l’image du sport lui-même. Pour donner quelques chiffres, ils ne sont que cinq français à avoir foulé un terrain en NFL : Richard Tardits, Marc-Angelo Soumah, Pjilippe Gardent, Anthony Dable et Sébastien Sejean.
Intéressons-nous plus particulièrement à ce-dernier, Sébastien Sejean, qui a débuté au Pôle espoir amiénois dans l’équipe des Spartiates, puis qui lors des Championnats d’Europe avec l’équipe de France s’est fait repérer par un recruteur américain. Il est ensuite parti pour le Canada ou il a évolué pendant 4 ans dans l’équipe universitaire de Laval. Enfin, à la suite des championnats du monde junior, il est contacté pour jouer en ligue sénior du Canada, et même dans la prestigieuse NFL. Après avoir passé des tests techniques et physiques il fut sélectionné par l’équipe des Rams de Saint-Louis où il jouera 3 années. Ce parcours atypique est envié par beaucoup de jeunes footballeurs français qui désirent jouer à un haut niveau. Il est vrai que le Canada est plus accessible pour les jeunes, car le niveau est plus bas qu’aux États-Unis, et la concurrence bien moins féroce. On imagine assez mal un français être titulaire à son poste en NCAA et encore moins en NFL à l’heure actuelle. De plus, la langue française explique à elle seule bien souvent le choix du Québec, pour preuve nos français ne choisissent pas les universités anglophones.

De ses débuts amiénois jusqu’au Canada

Traitons maintenant, le parcours du joueur français qui a retenu mon attention, et à qui j’ai pu poser les questions nécessaires à la rédaction de cet article. Carl Achy, a débuté dans le football américain, dans le club d’Amiens : Les Spartiates. Grâce à sa volonté et son abnégation, il intègre le Pôle France, et progresse beaucoup aux cotés des entraineurs de l’Équipe de France et des meilleurs joueurs français. Mais selon lui, l’Équipe de France lui a surtout permis d’apprendre des joueurs possédant plus d’expérience et de se mesurer aux joueurs d’autres niveaux lors des compétitions internationales. C’est donc en jouant pour l’Équipe de France qu’il s’est fait repérer par un recruteur du Cegep, qui l’a contacté.
Après 4 ans à Amiens, il intègre donc le Cegep de Theford au Canada, ou il évoluera au poste de corner back, poste qu’il occupe depuis qu’il joue au football. Son rôle est primordial, il défend sur les receveurs de passes qui essayent de gagner du terrain. Il n’a donc pas droit à l’erreur, car une faute est directement ou presque sanctionnée d’un touchdown de l’équipe adverse. Son adaptation au Canada s’est très bien réalisé, car il connaissait déjà certains joueurs et a eu la chance de tomber sur des personnes accueillantes facilitant son adaptation. Il m’a également livré que ses parents l’ont tout à fait soutenu pour son projet : « Lorsque je l’ai annoncé à mon père, il était ravi, il sait à quel point le sport est important pour moi et j’avais l’occasion de vivre de nouvelles expériences et prendre un chemin différent grâce à ça ». Selon lui, sans l’aide de ses parents et leur éducation, les choses se seraient passées bien différemment.

Une progression constante, jusqu’où ira-il ?

Il est ensuite recruté, pour ses années universitaires par le club de l’Université Laval : Les Rouge et Or. Il est fier de jouer sous ces couleurs, car c’est une organisation qui vise l’excellence chaque année, ce qui se ressent au niveau palmarès et nombre de victoires. Il m’a confié qu’il aurait aimé avoir plus de temps de jeu, notamment lors de la finale de la Coupe Vanier qui était le match de la saison, seulement une blessure l’en a empêché. Évoluant en équipe universitaire, les études sont également importantes ; pour le citer « Ici, le football va avec les études ». Il est vrai, que les joueurs ne peuvent pas jouer si leurs résultats scolaires ne sont pas à la hauteur. Études qui sont loin d’être gratuites, pour palier à cela, les sportifs universitaires ont le droit à des bourses qui leur permettent de couvrir les frais de scolarité. Il n’y a aucune autre rémunération puisqu’ils sont en ligue universitaire.
Pourtant, cette ligue est bien médiatisée, les matchs sont retransmis à la télévision et des journalistes sont souvent au bord de la pelouse, parfois même à l’entrainement. C.Achy m’a également appris qu’il jouait devant environ 14000 personnes en saison régulière et que le nombre de spectateurs peut monter jusqu’à 20000 pour les matchs importants.

Stade Telus, Université Laval où jouent les Rouge et Or lors des matchs à domicile. (Photo : Crédits libres)

Pour dominer la ligue universitaire canadienne, les Rouge et Or s’entrainent intensivement. En ce moment c’est la off-season, ils sont donc en période de préparation physique (il n’y a pas de matchs) et s’entraînent deux heures par jour. À cela s’ajoute lors de la saison, les meetings de préparation, les entrainements et les matchs. En ce qui concerne son futur, il souhaite avant tout, finir ses années universitaires et obtenir son diplôme en administration des affaires, et ensuite il verra ce qui s’offrira à lui, il espère rester proche du football le plus longtemps possible ; le rêve de la NFL restant dans un coin de sa tête.
Pour finir, s’il devait dire quelque chose aux français qui veulent suivre un parcours atypique comme le sien, il m’a confié que s’ils voulaient passer par les universités nord-américaines, il fallait qu’ils donnent de l’importance aux études, car cela peut avoir un impact sur le futur du joueur.

Gabin Ricouart

Pour en savoir plus

Site officiel du club de Laval (Canada)
Interview de S.Sejean

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