De Gutenberg a YouTube : comment l’imprimerie nous a permis de lire Internet ? | Le Cygne noir 2017-2018

Le Cygne noir 2017-2018

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Journal des élèves de l'IPSA Paris

De Gutenberg a YouTube : comment l’imprimerie nous a permis de lire Internet ?

L’imprimerie… Le nom nous plonge dans l’épopée des découvertes et des inventions. On a tous – ou presque! – en mémoire la date de 1450, année où un certain Gutenberg inventa un procédé qui allait permettre d’enrichir considérablement la connaissance et l’érudition. Sans Gutenberg, pas de «chose» imprimée, pas de livres, pas de journaux. Même si certains puristes estiment que ce découvreur génial n’a fait «que» perfectionner un système qui existait déjà, la presse (qui permettait de fabriquer des gravures sur bois, la xylogravure), il a tout de même eu l’idée d’associer texte et gravure, inventant, pour réaliser l’impression, des caractères en métal appelés «les types» Voilà pour la petite histoire qui, comme on le sait, adresse toujours des clins d’œil à la grande.
Et la grande, en l’occurrence, c’est le formidable développement qu’a connu au fil des siècles l’imprimerie, avec l’évolution des machines et les procédés techniques, l’«avènement» des industries graphiques – deux mots qui, avec les nombreux activités et savoir-faire qu’ils recouvrent, font souvent, eux aussi, travailler l’imagination.
La consommation d’imprimés baisse globalement depuis plus de dix ans, en raison notamment de l’arrivée des nouveaux médias numériques. Cet impact a été ressenti à deux niveaux ; La réduction des budgets alloués aux médias imprimés (pages publicitaires dans la presse, prospectus, mailings, etc.) dans un contexte de faible croissance des budgets de publicité des annonceurs. Phénomène aggravant, on assiste à une forte diversification et à l’augmentation de l’offre médias. Ainsi, le média imprimé n’est plus le seul véhicule de l’information. On constate une érosion régulière de la diffusion payée de la presse (environ 2% par an depuis 2000), qui est directement concurrencée par une information disponible gratuitement sur le Web et par l’augmentation du temps passé par les consommateurs sur les nouveaux médias numériques.
L’électronique arrive dans un monde désacralisé, où l’écriture s’est hyper démocratisée; elle est devenue instantanée, rapide, utilitaire. La multiplication des supports numériques mobiles induit de nouvelles pratiques d’écriture, à la fois privées (textos, notes sur tablettes) et professionnelles (certains écrivains font même leurs “auto publications”). Alors que le numérique prend toute la place, l’écriture manuscrite va-t-elle trouver un nouveau chemin parallèle pour survivre? Je ne suis pas catastrophiste et j’ai confiance en l’intelligence humaine

Interview d’un directeur d’imprimerie : L’imprimerie est en train de mourir

« Un autre fait malheureux, c’est que l’imprimerie est en train de mourir, à cause d’internet. Nous obtenons à présent l’ensemble de nos informations en ligne, et non plus par les livres et brochures. Quand est-ce que vous êtes allés la dernière fois consulter les pages jaunes pour trouver un numéro de téléphone? Pendant un cours instant, pensez aux billets de banque ; combien de personnes se promènent aujourd’hui avec de la monnaie de 10, 20 euros ? Même notre argent est devenu numérique avec l’utilisation de nos cartes bleues.
De plus, la plupart des services de l’administration se focalisent aujourd’hui sur le « zéro papier » par exemple les feuilles d’impôt et autres formulaires imprimés par notre métier qui dans l’avenir vont disparaître au profit du « tout numérique » .
Même si l’imprimerie ne mourra pas tout de suite, de nombreuses entreprises autrefois rentables sombreront.
Dans ma carrière, j’ai travaillé par passion pour ce métier merveilleux »

Joffrey Caron

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