Le Cygne noir 2017

Le Cygne noir 2017

Journal des élèves de l'IPSA Paris

En route pour dévoiler les mystères de Jupiter !

Mis en ligne en janvier 2017

Comment ne pas être impressionné quand un bolide de 20 mètres d’envergure parcourt plusieurs milliards de kilomètres sans encombre pour se retrouver face au mastodonte de notre système solaire ?

Logo mission Juno

Jupiter est un enjeu scientifique majeur pour notre compréhension de la création du système solaire. Pourquoi ? Outre, le fait qu’il s’agisse de la planète la plus massive de notre système solaire, elle est l’un des premiers corps célestes à avoir vu le jour autour de notre astre. C’est son importance dans le disque d’accrétion du « jeune » soleil et son rôle clé dans le mouvement des autres astres qui en font un objet d’étude fondamental. Cassini (1997), Voyager (1977), Pioneer (1972/1973) ou encore Galileo (1989) ont déjà approchés de près cette planète inévitable du système, mais ces sondes n’avaient pas vocation à analyser les profondeurs de notre lointaine voisine. Philippe Louarn, directeur de l’IRAP (Institut de recherche en astrophysique et planétologie), qualifie Jupiter comme « pleine d’inconnus », et il ajoute que […] pleins de question se posent sur cet objet, sa création dans la partie externe du système en font un astre très différent de ce que nous connaissons. »

Des scientifiques impatients

Un engin, nommé en mémoire de la déesse romaine femme de Jupiter, a donc voyagé durant près de cinq ans pour parcourir les 2,8 milliards de kilomètres qui séparent notre petite Terre de cette géante gazeuse. Les objectifs sont nombreux et les retombées scientifiques apparaitrons durant une période bien plus longue que les 20 mois de relevés scientifiques prévus. Juno est la première sonde entièrement dédié à Jupiter et la NASA l’a bardé d’instruments que les scientifiques du monde entier ont conçu.

Juno s’approchant de Jupiter

Mais attention, le succès n’est pas assuré ! Juno évolue dans un milieu extrêmement hostile. Des précautions radicales doivent être prisent contre les radiations venues de toutes parts : solaires, cosmiques, magnétiques. Des particules sont piégées dans la ceinture magnétique de Jupiter et circulent à des vitesses proches de celles de la lumière. Les instruments de Juno ont donc été équipés de protection en titane pour pouvoir approcher de très près la surface jovienne. Un des défis de cette mission a aussi été de fournir l’énergie nécessaire pour manipuler Juno et ses instruments, la solution que les scientifiques ont trouvés : des panneaux solaires. C’est une première pour une sonde qui s’aventure aussi loin, dans une zone où le soleil ne fournit plus que 75 % de sa luminosité par rapport à la Terre.

Vue réelle de la sonde Juno

Des résultats à la hauteur des espérances

Comme la NASA a l’art de faire les choses en grand, la mise en orbite de Juno a eu lieu le soir de la fête nationale américaine : le 4 juillet. Michelle Blanc, astronome français à l’IRAP et membre de l’équipe scientifique du projet, était au Jet Propulsion Laboratory en Californie, il parle d’un « instant d’émotion intense » et ne nie pas avoir eu « un peu la boule au ventre » pendant l’attente de la confirmation de l’insertion orbitale. Toute l’équipe de Juno avait été réunie la veille au Rose Ball Stadium pour fêter la fin de cette attente que tant de techniciens, d’ingénieurs et de scientifiques ont espérée sans encombre. Et c’est finalement dans une ambiance un peu fébrile mais avec beaucoup de bonne humeur et d’excitation que les américains ont placé Juno en orbite, sans encombre.

Et ce n’est pas sans amertume que les scientifiques du monde entier verront la sonde plongée pour une chute sans retour dans l’atmosphère mystérieuse de cette planète qui nourrit tant de mythe et d’intérêts. Encore une fois un projet astronomique a réussi à faire vibrer l’opinion publique tout en permettant des avancées scientifiques majeures.

Simon Hémar

Jupiter

Type : Géante gazeuse
Taille : Diamètre 11 fois plus grand que la Terre
Masse : 300 fois masse terrestre
Rotation autour du soleil : 12 ans
Rotation sur elle-même : un jour de 10 heures
Lunes : Plus de 60 (Io, Europa, Ganymède, Callisto …)
Champ magnétique : 20 000 fois plus important (aurores boréales ultraviolettes)

Juno

Coût : 1,1 milliard de dollars
Envergure : 20 mètres
Source d’énergie : Solaire
Masse : 3,6 tonnes
Temps de réception du signal : 50 minutes
Vitesse : 265 540 km/h
Lancement : 5 août 2011 par un lanceur Atlas V
Insertion en orbite : 5 juillet 2016
Instruments : radiomètre à micro-ondes, magnétomètre, spectromètre, analyseur de particules, spectrographe UV, études des ondes radio et plasma

Pour en savoir plus

Site officiel de l’IRAP
Site officiel de la NASA sur Juno

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