Le Cygne noir 2017-2018

Le Cygne noir 2017-2018

Journal des élèves de l'IPSA Paris

La chirurgie sous hypnose, une nouvelle alternative ?

Mis en ligne en janvier 2017

Se faire opérer sans aucun analgésique, c’est désormais possible ! En effet, depuis quelques années, certains hôpitaux français tels que le CHU de Tours ou l’institut Curie à Paris utilisent l’hypnose pour des chirurgies. Cela peut prendre deux formes : l’hypnose seule ou l’hypnosédation.

 

L’hypnosédation est l’utilisation combinée de l’hypnose et de médicaments afin de soulager ou de faire disparaître la douleur physique ou psychologique d’une personne. Les hôpitaux utilisent l’hypnosédation afin d’effectuer des opérations sur des patients.
L’hypnose, quant à elle, est un état modifié de conscience, distinct du sommeil, dans lequel le sujet pourra ressentir ou revivre des sensations. Ici, on utilise certains de ces effets tels que l’effacement de la douleur afin de réaliser des procédures chirurgicales, si possible sans aucun analgésique. Il est en effet envisageable de totalement substituer les antidouleurs par l’hypnose.

Comment ça marche ?

Opération chirurgicale sous hypnose

L’hypnotiseur va emmener le patient en état de transe. Une fois en état de transe, il y aura un effet analgésique sur le patient. Ce qui va réellement se passer c’est qu’au niveau du cerveau, les parties qui sont responsables de l’attention vont s’activer. Cela signifie que le patient focalise son attention sur ce que l’hypnotiseur raconte, tandis que les parties qui sont responsables de la douleur se désactivent, cela aura pour effet de totalement supprimer la douleur.

 

Des qualifications particulières ?

Maintenant que la chirurgie sous hypnose est devenue une alternative possible, il nous faut donc des chirurgiens et des anesthésistes qui savent ce qu’il faut faire. Afin qu’ils puissent pratiquer cette méthode ils devront avoir suivi au préalable une formation très précise et reconnue.
En effet, la personne qui opère doit encore plus se concentrer et doit maîtriser son langage afin de par exemple ne pas utiliser des mots anxiogènes pour les patients et ne pas évoquer des phobies ou évènements traumatisants.
Les opérations sous hypnose sont autant surveillées et préparées qu’une anesthésie générale. En cas de problèmes les chirurgiens peuvent passer d’une technique à l’autre.

Déroulement de l’opération

Opération chirurgicale sous hypnose

Avant l’opération on demande au patient s’il souhaite recevoir une chirurgie sous hypnose. Si son avis est favorable, on lui demande quel moment agréable de sa vie il souhaite revivre ou quel moment il veut vivre (de préférence un moment qui détendra la personne).
L’anesthésiste ou le chirurgien amène ensuite le patient en transe. Il faut savoir que le temps d’installation d’une chirurgie par hypnose est presque identique à celui d’une chirurgie générale.
Lors de l’opération, le chirurgien peut jouer le rôle de l’anesthésiste, mais ce sera le plus souvent le rôle de l’anesthésiste de suivre le patient pour éviter que le chirurgien joue deux rôles. Ainsi il peut se concentrer pleinement dans l’opération.
Une fois l’opération finie, on réveille le patient doucement et on le fait revenir au conscient tout-en veillant à ne pas le perturber.

Des bénéfices ?

La chirurgie sous hypnose possède différents bénéfices par rapport à la chirurgie sous analgésique : elle permet de venir en aide aux personnes qui sont vulnérables à l’anesthésie générale, par exemple les personnes âgées, les personnes possédant des risques cardiaques, les personnes sur qui les analgésiques ne font pas ou très peu d’effets… La chirurgie sous hypnose aide les patients à récupérer plus rapidement après l’opération, minimise les risques de l’anesthésie générale tel que les troubles de la mémoire, elle diminue les risques cardiaques et respiratoires, évite les réveils difficiles, la désorientation, les nausées et les vomissements, donc elle évite les effets secondaires liés à l’utilisation des médicaments. De plus, les patients auront l’impression que l’opération n’aura duré que quelques minutes alors qu’elle aura duré plusieurs heures.

Marc, un ami à moi, ayant été brûlé au troisième degré suite à un accident, a pu avoir recours à l’hypnose lors du changement de ses bandages, un moment assez douloureux. « J’en avais marre de devoir prendre des antidouleurs lors du changement de mes bandages. On m’a proposé d’essayer de passer par l’hypnose et j’ai accepté. On m’a mis en transe, j’étais toujours conscient mais je ne sentais absolument rien. J’ai pu revivre un petit moment de mon enfance. Quand on m’a fait revenir à moi, j’avais tous mes bandages changés et je n’avais rien senti. Je conseille vraiment d’essayer, c’est une sensation qui mérite d’être vécue. »

Les limites de l’hypnose

Bien que l’hypnose possède plusieurs bénéfices, elle a toutefois des limites. En effet, toutes les opérations ne peuvent pas être effectuées sous hypnose, il faut que ce soit une opération de surface afin que la personne puisse être suffisamment sous hypnose, sous peine qu’elle se réveille. Les opérations de profondeurs ne peuvent pas être effectuées : chirurgie abdominale, thoracique… Cependant il existe quand même des exceptions. Néanmoins elle peut toujours être utilisée après l’opération pour réduire, enlever la douleur ou détendre les patients.
Des études sont encore menés afin de continuer de repousser les limites de l’hypnose comme au CHU de Tours où les chirurgiens ont réussi plusieurs opérations où il fallait enlever une tumeur au cerveau d’une personne qui était sous hypnose.

William Debaud

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