Le Cygne noir 2017-2018

Le Cygne noir 2017-2018

Journal des élèves de l'IPSA Paris

Les géants américains à la conquête de l’internet volant

Mis en ligne en janvier 2017

Bientôt Internet dans les déserts les plus arides ? C’est en tout cas le projet de firmes comme Google et Facebook. Leur ambition : créer un véritable 112 de l’Internet, c’est-à-dire fournir l’accès, dans les régions reculées du monde et les pays en développement, au moins aux mails et à une connexion d’urgence. Pour cela, ils font appel à des technologies innovantes, parmi lesquelles les drones et les ballons stratosphériques.
Les recherches en cours répondent à un constat alarmant : « Plus de 3 milliards de personnes n’ont pas accès à internet ». Il n’est pas question pour Google et Facebook de devenir des fournisseurs d’accès internet comme Orange ou SFR, mais plutôt des méta-fournisseurs, c’est-à-dire de proposer les services minimaux d’Internet, en remplacement des téléphones satellites qui demandent des appareils adaptés, des abonnements et qui ne couvrent pas la totalité du globe.

Le projet Loon de distribution d’accès Internet via des ballons stratosphériques

Quelles technologies employées pour réaliser ce projet ?

Facebook répond à ce projet en utilisant les drones. Le drone Aquila est construit en fibre de carbone, d’une envergure similaire à celle d’un Boeing 737 mais d’un poids inférieur à une voiture, pas plus de 450 kilos une fois le matériel de communication à bord. Il évolue à haute altitude, entre18 et 27km, soit au-dessus des vols commerciaux. Le drone est amené à cette altitude par des ballons gonflés à l’hélium. Sa structure semblable à celle d’une aile volante ainsi que ses moteurs électriques alimentés par des panneaux photovoltaïques lui permettent de voler pendant 3 mois sans interruption.
La connexion internet sera établie par des lasers à une vitesse de l’ordre du gigabit. Ces lasers serviront de relais entre les équipements de communication au sol et les drones mais aussi entre les drones eux-mêmes, créant ainsi un véritable réseau. L’appareil évoluera en cercle autour d’une position prédéfinie, ce qui lui permettra de couvrir une zone au sol d’environ 50 kilomètres de diamètre et d’offrir une connexion internet 10 fois plus rapide que celles qui existent.

Drone solaire Aquila de Facebook

L’éternel concurrent de Facebook, Google plus exactement la société X surnommé Google X Lab fut la première à s’être engagée dans ce projet. Celle-ci a choisi les ballons stratosphériques. Ceux-ci mesurent quinze mètres de diamètre, peuvent voler à une altitude de 20 kilomètres, et sont équipés d’un moteur électrique alimenté par des panneaux solaires qui leur permettent de voler pendant 187 jours. Chaque ballon diffuse une connexion sur 40 kilomètres autour de lui, avec des débits équivalents à de la 3G, et même à de la 4G. Les ballons utilisent les courants afin de rester au-dessus d’un secteur (d’un pays). Plus précisément, lorsque le ballon atteint une altitude de 20 km, celui-ci ne se situe plus dans l’atmosphère mais dans la stratosphère. Dans celle-ci, on observe la présence de vent zonaux allant dans une direction bien déterminée.

Le réseau de ballons de Google

 En utilisant ces vents on peut monter, descendre, diriger les ballons afin qu’ils restent à une position relativement stable. Les ballons communiquent avec des antennes spécialisées au sol installées chez les particuliers. Ainsi, un utilisateur envoie un signal à l’aide de l’antenne au sol qui communique avec un ballon, et celui-ci communique avec les ballons voisins. Ensuite le signal redescend vers une station au sol appartenant au fournisseur de réseaux.

Ce projet, c’est bien mais n’est-ce pas futuriste ?

Pas du tout. Le 30 juillet dernier le premier prototype du drone Aquila de Facebook a effectué son premier vol. En mars dernier, Google lança ses premiers ballons au-dessus du Sri Lanka. Bref, la plupart de ces projets ne sont pas si futuristes, les premiers prototypes et essais ont déjà eu lieu. Cependant certains problèmes persistent, il faudra donc les résoudre dans les années à venir. Nous pouvons espérer voir ces projets commercialisés dans les cinq prochaines années.
Cependant tout n’est pas tout rose. Évidemment si de telle entreprises se lancent dans un tel projet, ce n’est pas uniquement pour effectuer une action humanitaire mais aussi pour une histoire d’argent. En effet, les 3 milliards de personnes non connectées représentent 3 milliards de clients potentiels pour les services de Facebook et Google, les pubs etc…

Louis Barré-Villeneuve

Pour en savoir plus :

« Aquila, le drone solaire de Facebook, réussit son premier vol » (futura-sciences.com)
« Facebook dévoile un drone pour fournir du réseau Internet » (20minutes.fr)
« The technology behind Aquila » (Facebook)
The future internet « Project Loon » Connecting the world with balloons (video)

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