Le Cygne noir 2017-2018

Le Cygne noir 2017-2018

Journal des élèves de l'IPSA Paris

La vie extraterrestre : où se cache-t-elle ?

Mis en ligne en avril 2018

Sommes-nous seuls dans l’univers ? Cette question est dans l’esprit des scientifiques depuis très longtemps, mais elle reste encore aujourd’hui sans réponse.

Sur sa planète Terre, qui n’est pas le centre du système solaire, qui n’est lui-même pas le centre de la Voie lactée, qui n’est que l’une des 200 milliards de galaxies dans l’univers connu, l’homme n’occupe qu’une place insignifiante dans l’amas cosmique. Est-ce pour cela qu’il se demande sans cesse :

– Y a-t-il de la vie ailleurs que sur Terre ?
– Qu’est-ce qui fait qu’une planète est « potentiellement habitable » dans le jargon astronomique ?
– Quelles conséquences pour l’humanité pourrait avoir la découverte d’une vie extraterrestre ?

Les avancées en astronomie permettent de nos jours de nous approcher d’une réponse potentielle. En effet, les diverses sondes envoyées dans l’espace sont entre autres à la recherche de « signes biologiques » sur les autres objets cosmiques, appuyés par des télescopes terrestres de plus en plus puissants scrutant le ciel. Il y a un a un, depuis de puissants télescopes de l’Observatoire de La Silla situés dans la cordillère des Andes au Chili sept planètes de la taille de la Terre ont été découvertes autour de l’étoile Trappist-1 située à 39 années-lumière de nous. Plus récemment encore, des chercheurs affirment que certaines de ces planètes se situent dans une zone d’habitabilité par rapport à leur étoile comme notre Terre par rapport au Soleil. Cela laisse envisager une probabilité de présence de vie sur ces exoplanètes.

Les conditions pour une potentielle présence de vie

La notion de « zones habitables » peut être abordée selon deux points de vue : le point de vue stellaire et le point de vue galactique.
Une « zone habitable circumstellaire » (ZHC) est la zone où des planètes ne se trouvent ni trop près, ni trop éloignées de leur étoile. A une distance parfaite donc à une température parfaite, augmentant la probabilité de la présence de l’eau à l’état liquide, élément indispensable au développent de la vie. Comme on le voit dans l’image ci-dessus, la Terre s’y trouve, ainsi que 3 des 7 planètes de Trappist-1.

Comparaison entre le système solaire et le système Trappist 1. (Schéma : Nasa)

Une « zone habitable galactique » (ZHG) est la zone où un système stellaire n’est ni trop près ni trop

éloigné du centre de sa galaxie. Notre système solaire se trouve par exemple dans la ZHG de la Voie lactée. Ni trop éloignée car c’est de cet endroit que proviennent les éléments formant les planètes telluriques (avec le noyau composé de fer et de nickel comme la Terre) propices à la vie, ni trop proche du centre de la galaxie, qui est un véritable cimetière à étoiles, qui en fin de vie se transforment en trous noirs.

Cette notion de ZH comporte cependant plusieurs limites. La première est que la définition est basée sur notre connaissance de la Terre. Or, il pourrait très bien exister des extraterrestres qui ont des besoins environnementaux différents des nôtres pour subsister. Ainsi l’eau ne serait pas dans leur cas, un élément indispensable à la vie. Une autre limite est le fait que des objets célestes hors du ZHC peuvent être soupçonnés d’abriter de la vie. C’est le cas par exemple d’un des satellites de Jupiter, Europe, dont les scientifiques estiment qu’il pourrait avoir un océan dans ses profondeurs. Or Europe n’est pas dans la ZHC. Ainsi il se pourrait que la vie se trouve plus proche de nous que nous le pensions. Car ayant exclu les objets hors ZHC, les recherches ont plutôt visés les systèmes extrasolaires.

 

Europe, l’un des satellites de Jupiter pourrait abriter de la vie. (Photo : Nasa)

 

Les scientifiques estiment que dans notre seule galaxie, il pourrait y avoir près de 50 milliards de planètes habitables. Une question qui émerge de toutes ces considérations est celle-ci : pourquoi jusque-là n’avons-nous alors jamais découvert de signe de vie ?

Où sont les extraterrestres ? Quelle conséquence une rencontre du troisième type aura-t-elle ?

Les rencontres de l’humanité avec les extraterrestres telles que les représentent les livres et films de science-fiction se déroulent le plus souvent de façon violente. D’ailleurs, notre futur premier contact a déjà été échelonné par le SETI (Search for Extra-Terrestrial Intelligence, recherche pour une intelligence extra-terrestre) qui s’est donné pour tâche d’établir les étapes à suivre en cas de découverte d’une vie extraterrestre. Cependant, cela n’a aucune valeur juridique internationale.
A présent partons du postulat que la vie quand elle apparaît, évolue jusqu’à 3 types successifs suivant l’échelle de Kardachev :

– Type 1 : une civilisation est capable d’exploiter toutes les ressources de sa planète. L’humanité aurait atteint 0.73 sur 1 de cette échelle.
– Type 2 : une civilisation est capable d’exploiter toutes les ressources de son étoile.
– Type 3 : une civilisation est capable d’exploiter toutes les ressources de sa galaxie.

Une civilisation de type 3 pourra sans ménagement nous rendre visite et exploiter les ressources de notre Terre en négligeant la vie de ceux qui s’y trouvent (nous en l’occurrence). Ne soyons pas surpris car c’est ainsi que nous nous comportons envers les autres espèces vivantes de la Terre quand nous y exploitons les ressources (pensez aux écureuils mis en danger par la destruction de leur milieux naturels).

Les dépenses énergétiques pour chaque type de civilisation. (Schéma : DR)

Trois raisons pourraient expliquer pourquoi une communication n’a pas encore été établie avec des extraterrestres.
La première est liée à l’idée de l’évolution civilisationnelle des probables extraterrestres. Si ceux-ci ont développées une civilisation de type 2 (maîtrise de leur étoile) ou encore de type 3 (maîtrise galactique), nos moyens de communication sont très probablement obsolètes par rapport aux leurs. C’est comme si une civilisation extraterrestre moins évoluée que la nôtre essayait de nous contacter en envoyant des signaux en morse dans l’espace.
Seconde raison : les civilisations que nous recherchons se sont éteintes avant même que leur détection n’ait été possible. Peut-être y a-t-il une étape infranchissable pour toute civilisation évoluant dans l’univers…
Ces deux postulats ont une limite : l’immensité de l’univers admet une trop grande probabilité de présence de vie et sous des formes trop diverses pour que toutes soient indétectables.
Troisième raison : nous sommes seuls… juste seuls. Difficile à croire quand on se base sur les statistiques et calculs de probabilités de présence de vie, mais il se pourrait finalement que le cours des choses dans l’Univers ne soit pas de produire la vie et que celle que nous connaissons soit le fruit d’un concours de circonstance hasardeux, d’un miracle.
Si tel est le cas, bien plus que toute autre diverses raisons, le miracle de la vie doit être préservé et répandu le plus loin de notre berceau terrestre (qui finira par être invivable et mortel). Ainsi, peut-être dans un futur proche, l’univers de Star Wars ne serait plus complètement de la science-fiction.

Pour poursuivre sur ce sujet vous pouvez regarder les vidéos de la chaîne Youtube : In a Nutshell.

 

Alexis Akujuobi-asoluka

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