Le Cygne noir 2017-2018

Le Cygne noir 2017-2018

Journal des élèves de l'IPSA Paris

Le Bad Boy Hollywoodian: Quentin Tarantino.

Mise en ligne en Décembre 2017

Quentin Tarantino en 2014, lors de l’hommage rendu à Pulp Fiction durant le festival de Cannes. Photo Georges Biard.

Avant de pouvoir découvrir La Famille Manson (dès 2019), prochain long-métrage de Quentin Tarantino, retour sur son style novateur et atypique. Génie reconnu du monde cinématographique et du grand public, Quentin Tarantino jouit d’une réputation acquise grâce à son style unique de « Bad Boy » du cinéma. Tout commence lors de la jeunesse de Tarantino, c’est dans une banlieue de Los Angeles où sa passion pour le cinéma le mène à travailler dans un vidéoclub. C’est à cette période qu’il décide de rédiger ses premiers scénarios. Cependant Quentin Tarantino inconnu du grand public et ne trouvant pas de producteur est contraint de vendre les scripts de True romance et Tueurs nés (adaptés en 1993 et 1994). Rapidement et grâce l’argent de la vente des scripts, Tarantino écrit, produit et réalise son premier film : Reservoir Dogs. Le film, rapidement culte, impose son auteur comme la nouvelle star du cinéma indépendant américain. C’est aussi à partir de ce film que Tarantino impose son style.

 

L’influance du roman

La principale nouveauté apportée par Tarantino au cinéma est l’influence du roman dans sa façon de réaliser. En effet, Tarantino se définit tout d’abord comme un scénariste avant d’être un réalisateur, c’est pourquoi son écriture est séquencée en chapitre comme dans Kill Bill. Pulp Fiction est comme son nom l’indique conçu à la manière d’un pulp magazine, dans lequel le lecteur peut passer d’une histoire à l’autre sans cohérence. Cette particularité s’accentue avec la structure du scénario, Tarantino commence l’histoire par le milieu ou la fin de l’histoire et utilise des sauts dans l’avenir ou dans le passé, en jouant ainsi avec la convention des récits classiques, Tarantino fait l’aveu que le monde n’a aucun sens, aucune logique, aucun réel but. Pour lui, peu importe de savoir si le monde a du sens. Ce qui compte, c’est jouer avec l’absurde.

 

Le dialogue au cœur de l’action

Quentin Tarantino (droite de la photo) et « sa muse », Uma Thurman (gauche de la photo) durant le tournage de Kill Bill. Photo Raoul Luoar.

Le jeu de Tarantino continu avec son utilisation très particulière du dialogue. En effet, les dialogues se caractérisent par leur absurdité, sans grande valeur philosophique ou parlant de chose totalement banale voir inutile comme la différence d’appellation pour un hamburger celons les pays (Pulp Fiction), il apporte une touche d’humour au scénario. Cependant les dialogues concentrent l’action du film car les films de Tarantino sont principalement des films de dialogues, l’action physique est relayée au second plan, le débit de parole ainsi que l’intonation compte énormément, on retrouve ce trait de style dans Pulp Fiction où il apparait le plus clairement.
Tarantino apprécie s’appuyer sur des acteurs reconnus dorénavant, parmi eux Bruce Willis et John Tavolta dans Pulp Fiction ou Brad Pitt dans Inglorious Basterds. Mais surtout sur ces deux acteurs fétichent : Samuel L.Jackson ( Pulp Fiction ; Django Unchained ; Les Huits Salopards) et Uma Thurman, « sa muse »( Pulp Fiction ; Kill Bill I et II).

La démesure au cœur de son univers

Le style Tarantino repose aussi sur l’utilisation démesurée de la violence et de stéréotypes, preuve de son génie pour ses fans, de la faiblesse de son discours pour ses détracteurs. Cette violence se caractérise par une quantité de sang irréel, comme dans la scène finale de Django Unchained, mais aussi par un nombre important de morts au cours du film, rare sont les personnages principaux à survivre durant tout le film. De plus, Tarantino utilise des stéréotypes, comme dans Inglorious Basterds avec la caricature des soldats allemands et américains pousser parfois à son extrême, ainsi qu’un humour noir rendant l’univers qui entoure le film à la fois réaliste mais totalement invraisemblable.

Cependant cette utilisation de la violence, parfois à outrance, ne permet pas au cinéma tarantinesque d’être un cinéma grand public. Et c’est la probablement le seul défaut de son cinéma, à la différence de réalisateurs comme Spielberg ou bien Woody Allen, Tarantino offre spectacle qui pousse le spectateur à choisir entre l’adoration ou bien le rejet total.
Rendez-vous est pris pour 2019 afin de découvrir ou redécouvrir son style unique.

 

De la gauche vers la droite, Samuel L.Jackson, Uma Thurman, John Travolta, Bruce Willis, lors du tournage de Pulp Fiction (1994) pour lequel Quentin Tarantino a reçu pas moins de 4 prix. Photo Laura Loveday.

• 1992 : Reservoir Dogs
• 1994 : Pulp Fiction (Palme d’or/Oscar, Golden Globe, BAFTA du meilleur scénario)
• 1995 : Groom Service
• 1997 : Jackie Brown
• 2003 : Kill Bill : Volume 1
• 2004 : Kill Bill : Volume 2
• 2005 : Sin City de Robert Rodriguez et Frank Miller
• 2007 : Boulevard de la mort
• 2009 : Inglourious Basterds
• 2012 : Django Unchained (Oscar, Golden Globe, BAFTA du meilleur scénario)
• 2015 : Les Huit Salopards

Thibaud Blin

 

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