Le Cygne noir 2017-2018

Le Cygne noir 2017-2018

Journal des élèves de l'IPSA Paris

Le déclin des insectes pollinisateurs notamment des abeilles

Depuis les années 2000, la mortalité des abeilles a augmenté de 30%. Pourquoi cela nous préoccupe-t-il tant ? Parce que les abeilles ont un rôle indispensable dans la pollinisation, nécessaire à la production des fruits et légumes. Premiers concernés, les apiculteurs s’efforcent d’enrayer ce déclin, y compris en France.

Quels sont les causes de ce déclin ?

Utilisation de pesticides sur un champs de colza en Picardie

Utilisation de pesticides sur un champs de colza en Picardie

Les fléaux à combattre sont nombreux et variés. En première place, les pesticides, qui ont plusieurs effets physiologiques sur les abeilles : ils augmentent la mortalité car ils sont neurotoxiques. Ainsi, les abeilles développent des troubles du comportement comme une perte de l’orientation. Elles ne rentrent plus dans leurs ruches, refusent de s’alimenter, perdent leur mémoire olfactive. Les insecticides affaiblissent aussi le système immunitaire des pollinisateurs. En chiffres, l’emploi des produits phytosanitaires a coûté 2 310 millions d’euros, selon le Rica, soit 5 % du produit brut des exploitations, la France est au deuxième rang européen avec 66 659 tonnes de produits vendus.
En seconde place, les maladies et prédateurs comme le varroa et le frelon asiatique déciment les colonies. Selon l’ONG ISIS(Institute of Science in Society) : « des indices suggèrent que des champignons parasites utilisés pour la lutte biologique, et certains pesticides du groupe des néonicotinoides, interagissent entre eux et en synergie pour favoriser la destruction des abeilles. »

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Abeille récoltant le nectar d’une fleur.

De plus, la diminution et la dégradation des ressources alimentaires et environnementales (nectar et pollen) accentuent fortement ce déclin. En effet, les abeilles ont besoin d’une nourriture variée et de saison, ce qui est de moins en moins possible avec le fractionnement du paysage et la montée de la monoculture, ainsi que la restriction des cultures fourragères (broyage prématuré du foin avant la floraison). De même, le nettoyage de bord de routes ainsi que le nivelage des champs empêchent la pousse des plantes à fleurs, comme le recul des surfaces naturelles et la suppression des haies autours des champs qui apportaient abris et fleurs pour les pollinisateurs.

On retrouve également le problème de la pollution atmosphérique : elle empêche le parfum des fleurs de se répandre. En 1800, le parfum des fleurs se répandait à 800 mètres aux alentours, contre 200 mètres en 2006, ce qui pose un problème pour les pollinisateurs. La ville de Paris a renoncé au traitement phytosanitaire. Malgré la pollution de l’air liée au gaz carbonique, Paris compte plus de 400 ruches actives dont plusieurs sur le toit de l’Opéra, dans les jardins publiques etc, et font de bonnes récoltes chaque année car les abeilles sont moins affectées par la pollution de Paris que celle (phytosanitaire) de la campagne.

Que faudrait-il mettre en place pour l’éviter l’effondrement des abeilles ?

Chacun peut, de son côté, faire un geste pour restaurer les ressources florales, comme laisser son jardin fleurir, planter des fleurs androgènes (d’origine locale) et ne pas tondre la pelouse. Il est possible aussi privilégier les aliments qui découlent de l’agriculture biologique, pour favoriser les produits non traités. Et faire des dons pour certaines associations, comme Greenpeace ou celles qui replantent les arbres et aident à la reforestation.
Au niveau de l’agriculture, il faudrait laisser les jachères en friche fleurir, ainsi que les talus dans les champs. L’utilisation de pesticides est bien évidemment à proscrire, ou bien il faudrait modifier les produits pour les rendre moins agressifs envers les polinisateurs.

apiculteurs en action

apiculteurs en action

 

Quels sont les problèmes rencontrés pour mettre en œuvre ces actions ?

Le problème pour pouvoir réunir certaines de ces conditions, est que les agriculteurs ne font pas d’efforts : ils vont même jusqu’à empiéter sur les parcelles de bois et de forêts pour avoir plus de terrain, et ne sont axés que sur le rendement de leurs récoltes, amélioré par les traitements. En France, l’agriculture perd de la diversité : les régions comme la Picardie, la Beauce ne produisent principalement plus que des céréales ou encore de la betterave. Elle se spécialise de plus en plus. De même, l’accroissement de la population amène à produire plus : on peut illustrer ce cas avec l’élevage intensif. L’élevage des vaches par exemple dans les pâturages n’ayant pas d’assez bons rendements, les champs de luzernes ont été remplacés par des champs de céréales, soit pour nourrir les vaches soit pour nourrir la population. La disparition des champs de luzerne a donc fortement affecté les abeilles.

Pour conclure, il est important de prendre soin de son environnement pour éviter les catastrophes telles que la disparition des abeilles sauvages, et de tous les pollinisateurs.

Eloïse Delangle

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