Le Cygne noir 2017-2018

Le Cygne noir 2017-2018

Journal des élèves de l'IPSA Paris

Le pari des ailes volantes

B-2 Spirit

B-2 Spirit : aéronef de surveillance de l’armée américaine.

Le concept d’aile volante désigne un moyen de transport aérien intégrant à la voilure l’ensemble des éléments d’un avion classique. Ce concept n’est pas nouveau, puisqu’il a été développé en 1876 par les Français Alphonse Pénaud et Paul Gauchot.  Actuellement, les seules applications de ce type d’appareil sont militaires. Exploitée par l’industriel américain Northrop, cette configuration se retrouve dans son modèle B-2 Spirit.
Il y a un réel intérêt pour cette configuration depuis le début des années 1990. Aujourd’hui,on commence à se demander si elle ne serait pas une option viable pour l’aéronautique civile. Pour mieux comprendre ce questionnement, il faut savoir à quoi servent ces appareils et quels sont leurs atouts.

« Il faut une innovation de rupture »

Premièrement,  le transport aérien est en constante progression. La barre des 5 milliards de passagers annuel sa été dépassée en 2010, et les chiffres sont en constante augmentation. Pour répondre à la demande croissante, il est impératif d’envisager la création d’appareils pouvant transporter jusqu’à 1 000 passagers.
Face à cette problématique, selon Patrick Wagner (directeur des grands moyens techniques de l’ONERA , le duopole représenté depuis une quarantaine d’années par Airbus et Boeing atteint les limites de l’optimisation des appareils actuels. « Il faut une innovation de rupture dans l’aéronautique », affirme-t-il dans La Tribune. L’aile volante pourrait constituer cette rupture.Des études aérodynamiques poussées ont effectivement démontré les performances supérieures de ce type d’aéronef.

Réduction du bruit et de la consommation de carburant

Dans le cadre du projet européen VELA (Very Efficient Large Aircraft), le DLR et l’ONERA travaillent de pair au développement de cette configuration. Le fait que le premier frein au développement de la flotte soit le désagrément sonore subi par les proches riverains constitue un argument de poids en faveur des ailes volantes. En effet, la position de la propulsion au-dessus de la voilure permet de profiter d’un effet écran diminuant significativement les perturbations au sol, perturbations qui sont également réduites par le vol bas de l’appareil.
En altitude, l’absence d’empennage arrière pour la commande de vol (entièrement dépendante de l’orientation des surfaces mobiles de bords de fuites) permet de réduire la traînée. Cette diminution permet à son tour de réduire la poussée nécessaire au vol, donc la consommation de carburant.Cet argument inscrit les ailes volantes dans le développement durable, ce qui est aujourd’hui indispensable à la conduite d’un projet aéronautique innovant.

Prototype X-48B en essais en vol

Prototype X-48B en essais en vol

Néanmoins, cette configuration pose également quelques problèmes. Pour commencer, les passagers placés loin du centre de l’appareil peuvent subir de fortes accélérations verticales lors de virages sur l’axe de roulis. Autre souci majeur : les installations actuelles ne peuvent pas supporter le poids de ces formes de gros porteurs.

Ces difficultés n’ont pas empêché Boeing de mener, avec la NASA, un projet d’aile

volante. Baptisé X-48B,son prototype à échelle réduite a d’ores et déjà obtenu d’excellentes  performances.
DavidLucas de Chaurand

Pour en savoir plus

Article « Patrick Wagner : “Il faut une innovation de rupture dans l’aéronautique” », sur le site de La Tribune
Article « L’aile volante X-48B de Boeing réussit ses essais », sur le site Futura Espace

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