Le Cygne noir 2017-2018

Le Cygne noir 2017-2018

Journal des élèves de l'IPSA Paris

Le Sukhoï-57 : le futur avion de chasse des forces aériennes russes

Avec la volonté d’être militairement présent dans le monde et de pouvoir égaler dans le domaine aérien son grand concurrent de toujours, les Etats-Unis, l’armée Russe souhaite s’approprier dans les plus courts délais un nouveau modèle d’avion de chasse chargé de représenter le fleuron de la puissance aérienne militaire russe : le Sukhoï-57.

La décision est prise, l’avion a reçu son nom. Nous allons l’appeler Su-57

Initialement prévu pour 2018, le Sukhoï-57, nom donné par le général-colonel Viktor Bondarev, commandant des forces aériennes russes, lors d’une interview

à la chaine russe Zvezda, a déjà subi 13 commandes du gouvernement russe et quelques 200 autres à venir.

Ce chasseur, prévu pour l’attaque au sol, la chasse et la lutte antinavires comme principales missions, dispose de caractéristiques remarquables vis-à-vis de ces concurrents et de son prédécesseur le Sukhoï-27. Toutefois, ses caractéristiques ne sont pas complètes et purement vérifiées car ses informations sont classées secret-défense et, avec un prix de pas moins de 50 millions d’euros, sa mise en vente n’a pas encore débuté à travers le monde.

 

Pas moins de 50 millions d’euros

Voici les principales caractéristiques du Sukhoï-57 :

 

 

Caractéristiques du Sukhoï-57 en comparaison avec le F22-Raptor et le Sukhoï-27

 

 

 

Interview de M.POLLET

Nous rencontrons M. POLLET, général de l’armée de l’air et directeur de l’IPSA, ancien pilote de Jacques Chirac, pour répondre à nos questions.

 

  • Le Sukhoï-57 est-il un bon avion ?

 

« Chaque avion ou hélicoptère est câblé (liaison 16), c’est-à-dire qu’il vient se brancher sur le réseau comme pour le réseau internet et vient capter de l’information. Il permet de voir très loin par échange de données (aviation connectée), ce qui est une propriété très occidentale que très peu d’avion de l’Est savent faire faire. Je peux vous citer comme avions très connectés le F35 et le F22 américain mais aussi le Rafale français, toutefois moins connecté que le F35.

De plus, un avion est un bon avion selon son système car sans ce dernier il est obligé d’avoir tout sur l’avion et pour un avion le moindre gramme coûte une fortune. Souvent les avions russes ou chinois ne sont pas connectés car la technologie est trop poussée pour eux donc tout doit être à bord dans ces cas-là. Il vaut donc mieux un avion moins performant mais connecté qu’un avion performant non connecté car il est possible de savoir où est l’ennemi alors que lui ne le sait pas.

Le Sukhoï-57 reste cependant formidable car il a de très bonnes caractéristiques : un gros plafond de 20000m, une vitesse de 2600km/h (Mach 2.5 alors que rafale Mach 1.8), une grosse autonomie (5h de vol). Il peut donc faire le tour de l’Europe sans se ravitailler, comme le F22. Le Rafale, quant à lui, a une autonomie de 1h30 en comparaison. Le su-57 a alors une très bonne autonomie de vol par rapport à ces concurrents.

On peut ajouter qu’il a une manœuvrabilité très élevée grâce à des tuyères orientables, une spécificité russe. En effet, les avions de chasse russes sont connus pour leur manœuvrabilité exceptionnelle, leurs moteurs très puissants et leur défaut traditionnel : leur fiabilité, due au manque d’application dans la finition de l’avion qui tombe souvent en panne. Les Russes ne réparent pas, ils changent, ce qui coûte cher. Ils préfèrent des appareils moins performants mais robustes car ils privilégient la quantité plutôt que la qualité, moins cher mais aussi moins performant. Enfin, les appareils russes sont plutôt optés mécanique que systèmes embarqués. »

 

  • Quelles sont ses améliorations par rapport à ses ancêtres ?

« Le Su-57 est plus connecté, plus fiable, plus facile à piloter. Il a une meilleure interface homme-machine et de meilleurs moteurs. Il est même deux fois plus gros qu’un Rafale et qu’un F22 mais il reste toujours ultra connecté et furtif. »

 

  • Qu’en est-il au niveau de sa furtivité ?

 

« Sa furtivité a un gros inconvénient :  elle n’aime pas le sable du désert, le sel de la mer et exige donc des conditions de température et d’hydrométrie très standard.  Pour les Russes, la furtivité est présente que sur certaines pièces donc assez faibles alors que pour les Américains tout l’avion même le plus petit élément est furtif. »

 

  • Et pour la question du prix vis-à-vis de ses nouveautés ?

 

« Le prix est nettement inférieur au F22 américain puisque le salaire moyen est bien inférieur aux Etats-Unis mais aussi à la France et il n’y a aucune grosse nouveauté par rapport aux autres avions hormis une grosse capacité de missiles grâce à se grande taille. »

 

  • Que pouvez-vous donc conclure sur cet avion ?

 

« Le Sukhoï est un bon avion en général, il vaut mieux l’avoir avec soi que contre soi. Mais il n’est pas encore opérationnel donc nous attendons de voir les résultats concrets (les vraies vitesses, les vrais plafonds…). Ses missions seront principalement les attaques au sol et défense aérienne et il sera opérationnel dans 10/20 ans pour la vente en masse de la version finale. »

 

La Russie bientôt de retour dans le marché militaire mondial ?

Nous pouvons donc affirmer que le Sukhoï-57 est bien parti pour concurrencer ses adversaires, notamment américains et français, malgré certaines limites de furtivité et de finitions qui lui font défaut. Malgré cela, sa sortie définitive n’a pas encore été officialisée et l’avion pourrait conquérir de nouveaux marchés comme l’Europe de l’Est ou le Moyen Orient où les avions russes subissent une demande importante en raison de leur prix très attractif.

 

Valentin BOUXIN

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