Le Cygne noir 2017-2018

Le Cygne noir 2017-2018

Journal des élèves de l'IPSA Paris

L’Electrobeach, un festival, une organisation

Mis en ligne en Décembre 2017 

Logo du festival ; Crédits : @electrobeach sur Facebook

196 000 festivaliers, 47 nationalités représentées, 4 scènes, plus de 90 artistes et 1000 professionnels sur 3 jours pour organiser le plus grand festival électro de France à Port-Barcarès. Toute la petite commune est alors mobilisée pour organiser cet évènement aux retombées économiques et touristiques sans précédent pour la région. Mais la municipalité n’est pas la seule concernée : tout un ensemble de professionnels et de bénévoles sont présents pour fournir aux festivaliers une expérience unique et inoubliable. Nous allons alors nous plonger dans cette organisation.

La préparation du festival

             Samedi 8 juillet, après 8h de voiture, la presqu’île de Port-Barcarès dévoile le bout de son nez. L’air y est chaud et le vent fouette notre visage ; l’annonce d’un bon début d’été sous le signe du soleil et de la fête. Longeant alors le bord de mer, nous arrivons dans l’avenue principale où nous sommes accueillis par une grande structure métallique recouverte d’affiches du festival ainsi que par de nombreux blocs de bétons sur la route afin d’empêcher les voitures de passer. Un an après le drame de Nice, nous pouvons sentir que la sécurité a été nettement renforcée. Voilà qu’à peine installés dans l’appartement nous vient l’envie de découvrir les lieux du festival, cinq jours avant l’évènement tant attendu depuis presque 1an. 200m de promenade le long du littoral nous sépare de l’espace du Lydia où se tient le festival. C’est devant cet ancien paquebot échoué reconverti en office de tourisme et en restaurant, si caractéristique de l’Electrobeach et de la ville de Port-Barcarès, que nous déambulons entre les structures en construction.
          L’espace étant encore ouvert au public, nous pouvons déjà constater que seul la mainstage est en construction alors qu’une grue monte les grands panneaux LEDs de 1000m². Pierre, technicien depuis 3 ans à l’Electrobeach et habitant de la région nous explique que le montage des infrastructures du festival est compliqué. D’après ces propos :
« La construction du festival débute entre 1 semaine et 2 semaines avant le début du festival et se termine le dernier jour avant l’ouverture. Nous montons d’abord les infrastructures métalliques faisant l’architecture de la scène puis nous y fixons les panneaux LEDs. Ceci ne représente qu’une petite part du travail total de la construction du festival. En effet, après nous, interviennent les techniciens électriques s’occupant de relier les panneaux entre eux et de vérifier leur configuration. Ce qui est effectué de nuit. Vient alors les techniciens du son, chargés de poser les enceintes sur chaque scène et de les tester. D’autres techniciens s’occupent ensuite de positionner les canons à CO2 et les lanceurs de confettis et de rubans. Enfin l’équipe pyrotechnique du festival place les lanceurs de feu sur la scène et installe les feux d’artifices sur les élévateurs ».

Arrière du mainstage ; Crédits : @electrobeach sur Facebook

 

            En Revenant sur les lieux à J-1 de l’ouverture, nous remarquons que Pierre ne nous avait pas déçu dans ses prévisions. Toutes les scènes sont construites mais leur accès est maintenant interdit. L’espace est entièrement clôturé par 9km de barrières accompagnées de blocs de bétons comme ceux rencontrés à notre arrivée. De plus, nous notons la présence de stands de fast-food, d’une grande roue et d’une attraction foraine à sensation. Finalement, c’est quelques 380 techniciens qui ont participé au montage du festival avec notamment une mainstage d’une largeur de 50m pour une superficie de 500m².

Les coulisses du festival

            Dès l’entrée du festival et la fouille minutieuse qui en suit, nous rencontrons une forte présence policière et de gendarmerie avec gilet par balle et mitraillette, accompagnés de vigiles bien distinctifs : soit un total de 160 agents chargés de la sécurité et 32 caméras chargées de surveiller le site. Un second contrôle magnétique des badges, géré par des bénévoles, permet de rentrer totalement dans le festival où les enceintes commencent déjà à cracher de la musique.  Les bénévoles reconnaissables par leur t-shirt jaunes sont âgés d’environ 60ans pour une moyenne d’âge des festivaliers de 23 ans.

La foule du mainstage de nuit ; Crédits : @adri.gnd sur Instagram

            Les premiers sets des DJ’s débutent et la magie opère. Depuis la régie installée en face de la mainstage, les canons à CO2 et les flammes font leur plein alors que les confettis jaillissent sur la foule en délire. La nuit tombe et laisse place aux jeux de lumière sur les écrans géants et les premiers feux d’artifices sortent au-dessus de la scène principale. Tout ceci parait totalement synchronisé pour les festivaliers mais c’est le fruit du travail de la régie qui, à l’aide de sa table de commande, décide ou non du l’utilisation des effets pour le public.
Mais ce qu’on ne voit pas, c’est qu’en backstage, les artificiers sont en liens avec la régie et les pompiers pour veiller à ce que personne ne s’approche de la zone pyrotechnie puisque 2500 tirs de feux d’artifices sont prévus sur les 3 jours du festival.
            Les backstages sont constitués d’un village artiste avec des caravanes dédiées à chaque artiste et d’une salle presse pour les interviews où les différents journalistes et photographes peuvent travailler comme nous l’explique Jérémie Levypon, photographe de l’évènement. Le régisseur veille à la présence de l’artiste pour son set, à son moyen de déplacement jusqu’au festival et dirige quel photographe peut monter sur scène et à quel moment. La régie, et notamment le régisseur, est donc en lien constant avec les backstages mais aussi avec les différents services de police et de secours. Ces derniers ont un Poste Médical Avancé (PMA) où des urgentistes s’assurent de l’état des festivaliers et peut même prévoir une extraction par hélicoptère jusqu’au CHU voisin. Enfin, il ne faut toutefois pas oublier les professionnels et bénévoles chargés de préparer et distribuer boissons et aliments aux festivaliers, ainsi que les 30 personnes chargées de filmer l’aftermovie pour YouTube. Les festivaliers disposent de crédits EMF (1 EMF = 1,30 euros) qu’ils vont recharger via une plateforme internet pour payer aliments et boissons pendant toute la durée du festival.

Backstage et mainstage, feux d’artifices de nuit ; Crédits : @Guettapen sur google

 

            En conclusion, les backstages de l’Electrobeach est constitué d’un grand nombre de personnes et de détails invisibles aux yeux des festivaliers qui font la magie de cet évènement unique en France. Il rassemble la 2ème communauté de fans sur Facebook avec près de 370 000 fans, juste derrière le Hellfest (un autre grand festival) et engendrant 24,5 millions d’euros de retombées économiques à la ville de Port-Barcarès et aux organisateurs pour un budget d’environ 8 millions d’euros.

Pour en savoir plus :

http://www.electrobeach.com/
https://passionbpm.com/2017/07/24/report-electrobeach-music-festival-2017/
Maxime Audebrand

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