Le Cygne noir 2017-2018

Le Cygne noir 2017-2018

Journal des élèves de l'IPSA Paris

Les furtifs légendaires

Mis en ligne en mai 2017

B17 Flying Fortress

Cet aéronef est né au cœur des usines Boeing de Seattle dans les années 1930. Son premier vol date de juillet 1935 et sa mise en service de 1938. Equipé de 17 personnes à bord, ce bombardier lourd américain est le seul bombardier moderne de l’époque mis en service après la mythique attaque de Pearl Harbor. Il a eu un rôle crucial dans le conflit (39-45), chargé de bombarder des centres industriels, de bombarder l’ennemi et même d’effectuer des sauvetages en mer. Pouvant transporter jusqu’à 5T de bombes entre 1700 et 5000km, ce bombardier construit au nombre de 12677 a fait de gros ravages sur les villes allemandes pendant la Seconde Guerre Mondiale et a été un des principaux acteurs de la victoire des alliés le 8 mai 1945.

 

B24 Libertador

Ce bombardier lourd américain construit par Consolidated Aircraft, aujourd’hui retiré du service, a, au même titre que le B17 connu un grand succès. Construit à près de 18482 exemplaires, sa mise en service date de 1941. Egalement conçu pour la Seconde Guerre Mondiale par les américains, cet avion était moins résistant que son collègue le B17, il pouvait porter une charge d’explosifs plus importante et même les transporter sur une distance plus importante. Il pouvait par ailleurs attaquer à basse altitude comme en témoignent ses missions périlleuses du pacifique ou encore celle en Roumanie dans les champs de pétrole. Après la victoire finale des alliés, on lui attribuera un rôle important mais la vedette lui sera un peu « volée » face à d’autres avions plus brillants.

 Horten 229 « un avion qui aurait pu changer l’histoire »

Février 1944 en pleine Seconde Guerre mondiale, l’Allemagne sent l’étau se resserrer sur elle. Après la chute des armées allemandes en URSS et en Afrique du Nord, Hitler ordonne la guerre totale. Goering, alors chef de la Luftwaffe (armée de l’air allemande) commande à ses meilleurs ingénieurs un avion capable de surpasser les P51 américains et les Spitfire britanniques, mais aussi de respecter la règle des 3×1000 (emmener une bombe de 1000 kg sur une distance de 1000 km à une vitesse de 1000 km/h). C’est dans ce contexte que Reimar et Walter Horten proposent un nouveau concept d’avion sans empennage, une aile volante…

Le développement du Horten 229 débute donc en février 44, le projet est ambitieux d’autant plus que le chef de la Luftwaffe ne leur donne que six mois pour mettre au point leur appareil. Le premier mars 1944, le prototype du Horten 229 sort des usines allemandes. Ce prototype n’est pas encore équipé des deux réacteurs Jumo (qui équipent les Me-262) et ses tests sont plus qu’encourageant, il est donc proposé que l’aile volante devienne un chasseur-bombardier. En effet, ses qualités de vols sont excellentes. Après avoir pris beaucoup de retard à cause du manque de moteurs Jumo, le prototype final du Horten 229 est présenté à Goering début décembre. Goering, devant cet appareil révolutionnaire est stupéfait et commande 40 appareils de pré-séries aux frères Horten. Suite à cette commande, les frères Horten décide de mettre en pratique les résultats de leur test et font appel au meilleur chasseur allemand (le Me-262) pour simuler un combat aérien. Le Horten sort de ce test victorieux car dans chaque situation il arrive à reprendre le dessus.
Le Horten subira ensuite de nombreuses améliorations, comme l’installation de deux canons de 30 mm mais aussi d’un revêtement spécial composé de colle et de charbon pour permettre au Horten d’absorber les ondes radars et donc d’être furtif. En effet, il a été montré que ce chasseur-bombardier aurait pu approcher Londres à moins de 100 km sans être détecté. Il aurait déjà lâché ses bombes avant que l’ennemi n’ait eu le temps de décoller. De plus, le Horten allait être équipé d’un siège éjectable et d’un cockpit rempli d’eau (utilité : comme nos combi antiG) pour permettre aux pilotes de supporter les virages très serrés que pouvait effectuer le Horten 229.
Mais il n’y a eu que 3 appareils construits avant que les États-Unis ne confisquent l’usine des frères Horten. Cet appareil révolutionnaire a permis aux États-Unis de développer leur propre bombardier furtif, le B-2. Si cet appareil aux qualités exceptionnelles avait été développé à temps, il aurait pu donner à l’Allemagne la domination aérienne et donc changer l’Histoire.

 

B52 Stratofortress

Ce bombardier stratégique, construit comme ses prédécesseurs par Boeing, est un produit issu de l’après-guerre mis en service en 1955 et construit au nombre de 750. Son baptême de feu a été effectué au Vietnam. En deux opérations sur le territoire vietnamien les américains y ont lancés plus d’explosifs grâce à cet avion que sur l’Allemagne pendant toute le Guerre. A lui seul il représentait l’offensive de 10 B17 et supportait jusqu’à 30T de bombes. Il volait à une vitesse de 1000 km/h et son autonomie pouvait dépasser les 10 000km ce qui le rend extrêmement polyvalent, bien plus que ses prédécesseurs.
Par ailleurs ce bombardier était ravitaillable en vol, il pouvait donc aller n’importe où à l’aide de ses 8 réacteurs J57 qui produisait 6000 kg de poussée.
Sa bonne capacité d’emport et ses missiles de croisière lui permettait d’agir sur une zone large, tout en étant précis, efficace et ce peu importe la distance, ce qui est remarquable pour l’époque. Une autre grande nouveauté de cet appareil est le guidage GPS de missiles. Conçu pour le vol de haute altitude, il peut voler à toute altitude mais cela reste dangereux face au missiles air-sol.
Bien qu’il a été très performant, cet aéronef reste sensible au vue de son train d’atterrissage peu stable composé de balancines en bout d’ailes notamment. Cet appareil reste 70 ans plus tard toujours en activité et est le plus ancien avion de l’arsenal américain.

F/A-18C/D Hornet

Le Hornet est issu d’un programme initié dans les années 1970, il a aussi abouti au F16. Le F16 étant alors commandé par l’us air force, la Navy jeta alors son dévolu sur le F18. Ce biréacteur de la classe 12 tonnes est à l’origine un avion embarquée ce qui ne l’empêche évidemment pas d’être utilisé à partir de base terrestre. C’est un appareil polyvalent et complet car il est capable d’assurer seul un grand nombre de missions.
C’est un avion d’attaque de grande puissance qui possède une autonomie confortable et pouvant emporter 7 tonnes d’armement répartie sur 9 points d’emport : sous les ailes comme sous le fuselage. Son arsenal comporte bien évidemment toute la gamme de bombes classiques freinées et intelligentes de l’inventaire américain mais aussi toute une gamme de missiles allant du missile antinavire au missile
air-sol qui est guidé par télé ou laser. Ces armes de précision offre au F/A-18 de bonnes capacités d’attaque au sol. L’ensemble étant servi par un électronique embarqué de très haute technologie essentielle. Cet aéronef est une arme de prédilection depuis la guerre du Vietnam, la bombe guidée par laser lui est aujourd’hui indispensable pour les tirs de précision.
Le guidage par les airs permet à l’appareil lanceur de rester à distance de la cible pour être ainsi souvent en dehors des défenses antiaériennes.
Son atout majeur est qu’il devient alors un chasseur aux grandes capacités une fois débarrassé de son armement air-sol.
Pour ses missions il est équipé d’un canon de 20millimères ; cet avion peut emporter des missiles air-air SideWinder à guidage infrarouge ; des missiles Sparrow a guidage radar etc.
Ses commandes de vol électrique du Hornet lui permettent d’être un aéronef maniable et capable de faire des manœuvres serrées. Il est donc un adversaire direct en combat aérien rapproché. Le F18 connu son baptême du feu contre la Lybie en 1986.
Sa polyvalence lui permet d’être largement exporté au Canada, en Australie, en Finlande, en Espagne et aussi en Suisse. Au-dessus des Alpes, les F18 suisses protègent l’espace aérien de ce pays neutre en termes de conflits.
Le développement des F18 Hornet n’est pas fini puisqu’il en est apparu une nouvelle version, plus large, plus lourde et plus puissante nommée le F/A-18E/F.

GR1 Tornado

A la fin des années 60, l’Angleterre, l’Italie et l’Allemagne ont joint leurs efforts pour créer un nouvel avion de combat multi rôle capable d’assurer avec efficacité des missions de bombardement classique ou de précision : d’attaques d’aérodromes, antinavires et ceux quel que soit les conditions météo. Les britanniques voulaient également que soit développé une version d’interception. Le volume du fuselage lui permis d’accueillir une grande capacité de carburant. De même, le cockpit biplace s’est rendu impératif vu la complexité des systèmes électronique embarqués et des missions à effectuer. C’est en 1974 que le prototype du Tornado effectue son premier vol. Il se distingue par
son immense dérive, c’est 2 réacteur de 8 tonnes de poussé avec postcombustion (capable de propulser le Tornado a plus de 1000km/h au ras du sol) et surtout sa voilure à géométrie variable. Ce dernier dispositif permet aux ailes d’adopter les meilleurs profils en fonction de la configuration de vol et permet au Tornado d’avoir les meilleures performances à haute vitesse (avantage de l’aile delta) tout en conservant la possibilité de manœuvrer à basse vitesse (avantage des ailes en flèche. Cette configuration est utile pour éviter des vitesses d’atterrissages trop élevées par exemple.). La géométrie variable permet au Tornado de posséder également une maniabilité assez satisfaisante, essentiellement à basse altitude. Le domaine de prédilection du Tornado, c’est la basse altitude. En pénétration à haute vitesse en territoire ennemi, il échappe ainsi à la détection par les moyens terrestre en profitant du relief. Il peut emporter tout ce que les forces de l’OTAN compte comme armement aéroporté. Parmi ces armes aéroportées : le conteneur JP233 qui contient des petites bombes dédiées à la destruction des pistes d’aérodrome. Cette arme sera utilisée par les Tornado de la RAF contre les bases irakiennes en 1991. Mais las attaques menées à basse altitude seront fatale à plusieurs avions et à leurs équipages. Les Tornado poursuivront la guerre en effectuant des missions a moyenne altitude où ils étaient plus en sécurité. Le Tornado ADV de chasse a été adopté par la RAF et l’aviation saoudienne. Il est armé de missile air-air (Sidewinders, Skyflash ou Amraam). Sa manœuvrabilité médiocre à haute altitude le tourne plus au rôle d’intercepteur que celui de chasseur de combat aérien. Il est actuellement en cours de remplacement par l’eurofighter typhoon.

Rockwell B-1 Lancer

Ce bombardier supersonique construit par la société Rockwell construit au faible nombre de 100, a été mis en service en 1986 soit 12 ans après son premier vol. Composé de turboréacteurs post combustion au nombre de 4, il pouvait atteindre mach 1.25, il dépasse donc la vitesse du son. Son programme était très couteux et a été arrêté par le président Carter puis remis en vogue par Ronald Reagan sur de nouvelles bases. Il fut donc renommé le B1B.
Il pouvait être équipé de 60T de bonnes (deux fois plus que le B52) mais son dispositif post combustion caractéristique d’une grande puissance des réacteurs en fait un gros consommateur d’essence et donc un gros coût pour les américains à ce niveau. Ses performances sont donc très impressionnantes, il peut se permettre de voler à une altitude de 1000km/h au ras du sol. Ses ailes à géométrie variable modifient la flèche en fonction du profil : en phase de décollage/ atterrissage ses ailes sont déployées ce qui permet une portance plus importante alors qu’elles sont généralement vers l’arrière en vol pour atteindre une vitesse très importance et jouer de manière bénéfique sur la trainée.

Sa mission repose sur le fait de délivrer des bombes telles que la mark84 ou encore les bombes de Freinet. Bien qu’il soit très contesté il est aujourd’hui encore en service grâce à l’avantage qu’il pourrait donner aux américains en cas d’alertes nucléaires. Son équipement radar de terrain lui permet par ailleurs de voler à ras du sol en toute sécurité. C’est un aéronef polyvalent pouvant par ailleurs réaliser des missions anti navire. Son engagement récent sur des conflit tel qu’en Yougoslavie, Irak etc. montre son importance dans l’arsenal américain.

Sommaire :

Alexandre Corne

Pierre Loiseau

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