Le Cygne noir 2017-2018

Le Cygne noir 2017-2018

Journal des élèves de l'IPSA Paris

Le regain des ventes de manga en France

De nos jours les mangas représentent une importante part des ventes de BD, mais ce ne fut pas toujours le cas. En effet le manga fut créé au Japon dès le début du XXIème siècle mais il fallut attendre l’arrivé d’Akira édité en France par Glénat en 1990, pour poser la première pierre de l’édifice du manga dans notre pays. Le manga eut du mal à s’intégrer à cause de sa violence (Ken le survivant de l’enfer). Ce dernier visait un public plus mûr, tel que les adolescents et les adultes, contrairement aux BD franco-belges créées pour une audience plus enfantine. Malgré cela, le manga a su s’imposer en atteignant des records impressionnants.

 

Des balbutiements au premier succès (1970 – 2005 )

 

Le manga arrive en France après la seconde guerre mondiale dans les années 1970 avec une revue, Le cri qui tue, proposant une compilation de mangas tels que Golgo 13 (deuxième manga plus long jamais créé) ou encore Le système des supers oiseaux de Osamu Tezuka (considéré par grand nombre comme le père fondateur des mangas contemporains). La revue ne marche pas et ferme en 1981. Il fallut attendre l’année 1990 avec l’arrivé d’Akira pour lancer véritablement le manga français.

Tortue génial (à g.) et jackie chun (a dr.),  personnages iconique de Dragon Ball(le manga le plus vendu au monde) Photo : Dragon ball

 

Les animes (terme désignant les dessins animer japonais) (anime désigne les dessins animer japonais) et les mangas furent encore beaucoup critiqués avec un mouvement lancé en 1989 par Ségolène Royal dans son livre livre Le ras le bol des bébés zappeur , Télérama et le CSA pour combattre la « japoniaiserie ». C’est dans ce courant que naissent les premiers fans de mangas et d’animes japonais. Ces fans surent s’imposer laissant une place aux mangas et aux animes au sein même des nouvelles générationsLe nombre de mangas publiés explose : en 2002, on compte 380 nouvelles séries ; de 2002 à 2004, on passe à 614 nouvelles licences, ce qui représente 81 % des nouvelles publications de BD cette année. Le manga prend aussi plus de part dans les bénéfices des BD : en 2002, il est de 25 % En 2005, les mangas sont plus importants que les BD françaises, c’est le début de la « mangalisation » avec 44 % de la part du marché de la BD grâce à des grandes séries phares telles que Dragon Ball, One Piece, Naruto, Bleach, GTO, Hunter x Hunter…

 

Cela entraîne la création de plus en plus d’éditeurs francophones spécialiser dans les mangas tels que Ki-oon en 2003, Kurokawa en 2005, Pika edition en 2000. (Actuellement, ces trois maisons d’édition représentent 39 %. des parts du manga en France et leurs chiffres ne font qu’augmenter.

 

Les ingrédients du déclin (2010 – 2014)

 

Malheureusement, nous pouvons observer en 2010 une chute en termes des ventes qui continuera jusqu’en 2014. Comment peut-elle s’expliquer? Commençons par regarder le rythme des publications des séries. La majorité des séries sont bimestrielles, ainsi un lecteur se doit d’acheter un manga environ tous les deux mois, cela pousse une majorité des lecteurs à acheter peu de séries et à se concentrer sur les plus grandes.

En 2011, trois séries, Naruto, One Piece et Fairy Tail, représentaient 25 % des parts du marché du manga, ainsi nous pouvons constater que le marché du manga est en partie polarisé par les grandes séries à succès. Le marché est instable et dépend en majorité de ces quelques séries cité, or on constate pourtant un déclin de certaines d’entre elles, tel que Bleach ou même Naruto, qui passent à une publication semestrielle.

Les ventes de mangas baissent également à cause de l’arrivée, sur Internet, des « scanlations » (scanlations sont des chapitres disponibles en ligne traduit par des fans de manière illégale) il se développe grâce au smartphone permettant au lecteur de le lire partout et surtout gratuitement.

Il est donc plus facile de trouver les nouveaux chapitres de mangas traduits le jour même de leur publication au Japon et même parfois en avance.

Les éditeurs essaient d’attirer une nouvelle audience en publiant de nouveaux mangas mais cela ne marche pas, de ce fait les petites séries disparaissent. Le public préfère désormais acheter des séries connues et découvrir les autres sur Internet.

Saitama de One punch Man, une icône de l’anti hero. Photo : One Punch Man

 

Avant, le lecteur découvrait une série parce qu’un ami le lui recommandait et lui prêtait le premier volume – libre à lui, ensuite, d’acheter les autres volumes. Mais ce « grand frère initiateur », selon les termes de Naoki Urasawa (mangaka connu et reconnu pour avoir écrit Pluto, 20th century boys, Monster, Billy bat, Happy !, Yawara), a disparu, c’est ce qui explique la majorité des baisses de vente.(mangaka est un auteur de manga)

 

Les causes du nouvel entrain pour les mangas (2014 – nos jours)

 

Après les baisses des ventes, le manga connaît un nouvel essor. Ce succès est dû au nouvel aspect transmédia des mangas : les éditeurs basent de plus en plus la sortie de mangas en France avec les sorties d’animes comme One Punch Man en début d’année 2016 ou encore Boku no hero academia (My hero academie) en milieu d’année 2016.

Ce succès est aussi dû au sang frais avec l’arrivé des shonens mainstream telles Boku no hero academia, One punch Man, 7 deadly sins, l’attaque des titans ou encore Tokyo Ghoul. On remarque notamment que plus de la moitié des ventes de mangas en 2016 sont réalisées par seulement 10 séries.

On constate que le marché du manga est désormais assez stable malgré quelques baisses comparé à l’hégémonie des années 2000. Il ne reste plus qu’à voir si le manga en France, deuxième plus gros pays en termes de ventes de manga, réussira à évoluer afin d’avoir un marché stable et non dépendant grâce au transmedia ou s’il sera totalement voué au mainstream dans les années qui viennent.

 

Nicolas Bojikian

 

Pour en savoir plus :

L’histoire des mangas en France

L’histoire des mangas et des animés de 1978 à 2003

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