Le Cygne noir 2017-2018

Le Cygne noir 2017-2018

Journal des élèves de l'IPSA Paris

L’impact de la musique sur l’humeur

Mis en ligne en mai 2017

Motivé par sa musique, ce sportif court à toute allure.

Vous souvenez-vous de la dernière soirée à laquelle vous êtes allé ? Oui, oui, je suis sûre que vous vous souvenez que, lorsque le DJ a lancé I Got A Feeling de David Guetta, vous vous êtes mis à danser comme jamais auparavant, poussé par une joie incontrôlée. Ou alors rappelez-vous votre dernière séance de sport : en entendant Animals de Martin Garrix, vous vous êtes mis à soulever des poids si lourds que vous avez découvert des muscles dont vous n’aviez même pas connaissance.

Que s’est-il passé dans votre corps pour que de tels changements se produisent ? Pour répondre à cette question, il va falloir se creuser un petit peu la tête, au sens propre comme au figuré. En effet, la réponse se trouve comme souvent dans notre merveilleux cerveau.

 

 

Les origines chimiques des émotions

Tout le fonctionnement de notre corps repose sur l’un de nos trois organes vitaux principaux : le cerveau. Ici encore, il est nécessaire d’observer ce qu’il s’y passe pour comprendre ce phénomène.

Lorsqu’on écoute de la musique, le circuit du plaisir et de la récompense du cerveau s’active. C’est à travers ce circuit que se font les sécrétions de différents neuromédiateurs qui vont directement agir sur nos sentiments. On trouve tout d’abord la dopamine liée au désir, puis la sérotonine, molécule souvent présente dans les anti-dépresseurs, mais aussi l’endorphine qui calme les douleurs, et enfin l’adrénaline qui agit comme stimulant. La sécrétion de ces quatre principaux neuromédiateurs fait passer l’homme par tous les types de sentiments, de l’envie de suicide au bonheur le plus complet.

 

À chaque circonstance sa musique !

Mais alors vous devez vous demander quelle musique écouter pour être au maximum de vos capacités dans n’importe quelle situation. Malgré des goûts musicaux qui varient entre chacun, des généralités sont cependant observées.

La musique classique a des facultés apaisante. Parfait pour endormir bébé !

Par exemple, pour réussir votre contrôle de mathématiques de demain ou encore apaiser votre humeur agressive, il n’existe rien de mieux que la musique classique. Il a été prouvé que celle-ci a la faculté de nous apaiser et d’augmenter notre niveau de concentration.
Privilégiez La flûte magique de Mozart pour augmenter vos capacités intellectuelles et La huitième symphonie de Beethoven pour vous détendre.

De même, pour calmer vos maux de têtes, les musiques douces, soit à rythme lent, sont parfaites. Ce type de musique atténuerait notre perception de la douleur. On comprend mieux pourquoi ces musiques de fond chez les dentistes ! On entend déjà d’ici le doux piano de Skinny Love par Birdy.

Les rythmes rapides à percussion sont parfaits pour motiver les troupes. (Washington, USA). Photo : Pixabay.

Enfin, si cette année vous avez l’ambition de terminer le marathon de Paris alors faites le plein de musique techno. L’album des Chainsmokers, Memories… Do not open, devrait largement suffir ! Beaucoup moins dangereuse que les produits dopants, elle se révèle tout aussi efficace en matière de stimulant. Le rythme rapide à percussion qu’elle propose prépare le corps à effectuer un effort physique. Ce ne sont pas les militaires et leur fanfare qui nous diront le contraire !

 

Une étude qui illustre parfaitement ce phénomène

Université du Wisconsin-Madison, où s’est déroulé l’expérience de Rona Fried et Leonard Berkowitz sur l’impact de la musique sur l’humeur.

Dans les années 1970, les psychologues Rona Fried et Leonard Berkowitz se sont interrogés sur l’impact de la musique sur notre humeur. Pour trouver des réponses, ils ont mené une étude à l’université du Wisconsin sur 80 de ses étudiants (40 femmes et 40 hommes).
Ces 80 étudiants ont été répartis en 4 groupes. Au premier groupe, on fait écouter des œuvres de Mendelssohn. Le second entend One O’Clock Jump de Duke Ellington. Le troisième, Meditations de John Coltrane. La durée d’écoute est de sept minutes. Les étudiants du dernier groupe, eux, restent assis en silence, également pendant sept minutes.

Le déroulement de l’expérience est assez simple. L’expérimentatrice communique un questionnaire d’humeur aux sujets avant et après le passage dans l’une des quatre conditions. Ils doivent y indiquer leurs sentiments présents en notant grâce à une série de réponses graduées de « ressens un peu ou pas du tout ce sentiment » à « le ressens fortement » des adjectifs qui leur sont proposés.

 

Mais alors quel est l’impact du silence sur l’humeur ? Et bien aucun ! Enfin presque… À part un sentiment d’ennui plus fort, seule une légère tendance à une humeur moins positive est observée. Bon, on est tous aller en cours donc je ne vous apprends rien. La condition sans musique semble donc être une bonne référence pour pouvoir associer les changements d’humeur aux conditions avec passages musicaux.

En effet, les autres conditions avec musique ont eu les effets attendus sur les sujets. Ceux qui ont écouté la musique stimulante d’Ellington se sentaient généralement moins fatigués, tristes et déprimés.

Par ailleurs, ceux qui ont écouté la musique apaisante de Mendelssohn se sont logiquement sentis plus apaisés, heureux et non-violents. Comme espéré, ce morceau était plutôt apaisant qu’excitant.

Enfin, ceux qui ont écouté la musique désagréable de Coltrane ont indiqué une baisse de ces sentiments de satisfaction et de paix. Cette musique a clairement fait augmenter l’humeur négative des sujets qui l’ont écouté et qui ont indiqué une nette augmentation de leurs sentiments d’irritation et d’agacement. Les pauvres, ils se sont retrouvés dans le mauvais groupe…

Cependant, ceci n’était en réalité que la première partie de l’expérience.

 

Une musique qui rend altruiste ?

En effet, au lieu de simplement libérer les sujets, l’expérimentatrice les rassemble et leur demande une faveur. Elle leur indique qu’ils n’ont aucune obligation d’accepter sa demande puis leur expose sa situation. Elle a impérativement besoin de sujets supplémentaires pour une autre étude scientifique. Ils devaient alors indiquer s’ils désiraient participer à l’expérience et le temps de volontariat qu’ils y offraient.

Ceux qui ont écouté la musique apaisante était plus enclin à offrir leur aide que ceux des trois autres conditions. Au contraire, la musique désagréable avait plutôt tendance à affaiblir la volonté des sujets à aider l’expérimentatrice, cependant de très peu par rapport à ceux qui n’ont pas écouté de musique.

Les mêmes observations peuvent être faites pour le temps de volontariat accordé. Ceux qui ont écouté Mendelssohn se montraient nettement plus disponibles que les autres. Ces résultats montrent que c’est plus le fait d’avoir une humeur positive qui a tendance à modifier notre capacité à aider. En effet, les sujets qui ont écouté la musique aversive ne se sont pas montré beaucoup plus réticents à proposer leur aide que ceux qui n’ont pas écouté de musique.

 

Orianne Zitte

Pour en savoir plus

Le circuit du plaisir et de la récompense du cerveau

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