Le Cygne noir 2017-2018

Le Cygne noir 2017-2018

Journal des élèves de l'IPSA Paris

L’or bleu

Les ressources en pétrole sont limitées et bientôt épuisées. Dans quelques années, il faudra bien utiliser d’autres carburants si nous voulons continuer nos modes de vie. Parlons donc du pétrole artificiel qui nourrit quelques espoirs depuis quelques années.
En effet, pendant la Seconde Guerre mondiale, l’Allemagne cherchait déjà à fabriquer de l’essence synthétique, un procédé qui consiste à faire réagir de l’hydrogène avec du charbon et des goudrons à une température de 450 °C, en présence d’un catalyseur. Ensuite, il y a eu le bioéthanol qui regroupe plusieurs types de carburants obtenus à partir d’huile végétale, de cellulose et d’amidon.
L’une des alternatives au pétrole serait le pétrole artificiel baptisé Blue Petroleum découvert en 2011 par une équipe de chercheurs français et espagnols. Il s’agit d’une sorte de pétrole écologique nourrissant les espoirs d’une véritable révolution énergétique à l’échelle du globe.

Technique de production

Ce pétrole bleu repose sur le recyclage des rejets de CO2 grâce la culture de microalgues en usine.Les microalgues nécessaire à la prolifération rapide, sont baignées dans 400 tubes remplit d’eau. La société Bio Fuel System (BFS) reçoit du CO2 produit par une cimenterie voisine afin de « nourrir » les algues. Celle-ci ont besoin de lumière de la photosynthèse et de dioxyde de carbone (CO²) pour se développer rapidement. On obtient alors une sorte de liquide organique qui est filtré afin d’en retirer l’eau et les oméga-3. La pâte obtenue est alors placée sous haute pression et haute température pour devenir par la suite le fameux pétrole artificiel. Cette solution permet d’obtenir en 48h un pétrole équivalent à ce que la nature produit en plusieurs dizaines de millions d’années.

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Le pétrole bleu a la même capacité de brûler que le pétrole classique et permet de recycler nos rejets de CO². Ainsi, chaque usine produisant du pétrole artificiel pourrait être couplée à une autre usine quelconque rejetant du CO² !
L’entreprise d’Alicante estime qu’à l’heure actuelle, que pour chaque baril produit, on utilise 2.168 kg de CO2, dont 938 kg sont neutralisés et ne retourneront donc pas dans l’atmosphère.
Selon le président et fondateur de BFS, l’ingénieur français Bernard Stroïazzo-Mougin qui a travaillé sur des chantiers pétroliers au Moyen-Orient, on pourrait produire environ 1 million 250 000 barils par jour. Il ajoute qu’avec une telle production, on pourrait égaler ce qu’exporte l’Iran chaque jour.

Les tests

Le 7 janvier 2009, un Boeing 737 de Continental Airlines effectuait un vol de deux heures avec un moteur alimenté à 50 % par un agrocarburant issu de jatropha une plante de l’hémisphère Sud, qui produit une huile ressemblant au diesel et d’algues marines. Le 30 janvier 2009, la Japan Airlines testait sur un Boeing 747 un mélange d’algues, de jatropha et de caméline, une plante de la famille du chou.
Du 8 au 18 septembre 2009, la Société Saphire Energy a fait réaliser entre San Francisco et New York une tournée d’une voiture de série adaptée pour rouler à l’algocarburant. La voiture est baptisée Algaeus. Cette tournée est sponsorisée par l’OGM Veggie Van Organization. Algaeus est la première voiture au biocarburant algal légalement homologuée et habilitée à traverser les États-Unis. Le véhicule a pour base une Toyota Prius 2008 à laquelle on a ajouté une batterie supplémentaire et un système avancé de gestion de l’énergie, sans en modifier le moteur. Le véhicule hybride, à la fois électrique et bioalgal, peut faire « 150 miles avec 1 gallon d’algo carburant », (soit 1.57 L/100 km, valeur 3 fois plus basse que la consommation normale de cette voiture, selon la Société Saphire Energy).

Les limites du pétrole artificiel

Si cinq ans après son annonce, cette solution n’a pas encore été adoptée massivement, c’est bien parce qu’elle se trouve toujours confrontée à plusieurs limites.
Tout d’abord, ce pétrole artificiel reste dépendant de l’énergie fossile, en effet afin de nourrir les algues des débris, du charbon ou des déchets issus de cimenterie sont brulées. Ce qui fait sa force est aussi sa faiblesse à long terme. Difficile donc de le considérer comme une alternative 100% autonome.
Le second problème est le même reproche que l’on a longtemps fait à l’énergie solaire. Cette technologie est liée à la photosynthèse et c’est pour cela que le projet a vu le jour à Alicante en Espagne. Sans un taux d’ensoleillement suffisant, une usine de ce type ne serait pas rentable. Par exemple, on ne pourrait jamais en créer une dans le nord de la France, selon l’entreprise.
Troisième aspect, la consommation en eau. La production d’un baril (159 litres) de pétrole bleu implique l’utilisation de 16 à 20 litres d’eau. Un point qui arrive en contradiction complète avec l’aspect d’ensoleillement. Il serait par exemple impossible de faire ce type d’usine dans le désert là où le taux d’ensoleillement est le plus élevé.
Malgré tout, face au pétrole classique (responsable en grande partie de la pollution atmosphérique et du réchauffement climatique), le pétrole bleu est une réelle innovation. Reste à savoir s’il parviendra à s’imposer au fil temps !

 

Bognini N’guetta Moïse

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