Le Cygne noir 2017-2018

Le Cygne noir 2017-2018

Journal des élèves de l'IPSA Paris

Lycée militaire, lycée d’excellence, lycée de souvenirs !

Mis en ligne en mai 2017

Parmi les différentes formations du secondaire en France, les lycées de la Défense ne sont pas les plus courantes. Ces écoles sont souvent symbole d’excellence, notamment par la rigueur et le niveau qu’elles imposent.

Ecole militaire et cimetière d’Autun

Dans le passé, le premier objectif des lycées militaire consistait à accueillir les enfants dont les parents au service de l’État partaient à l’étranger. La plupart de ces lycées ont été créés à partir d’écoles militaires. Ainsi, l’école d’Autun (Bourgogne – Franche-Comté) n’est un lycée que depuis 1983 alors qu’elle existe depuis 1921. À l’origine appelés lycées militaires, ils sont nommés officiellement « Lycées de la Défense » depuis 2006 mais le terme de lycée militaire reste d’un usage courant.

Lycées spécialisés en France se répartissant dans les trois corps d’armée :
– armée de Terre : Autun, Prytanée (La flèche), Aix-en-Provence, Saint-Cyr (Saint-Cyr l’Ecole)
– armée de l’Air : les pupilles de l’air (Grenoble)
– marine : lycée naval (Brest)

L’entrée dans l’un de ces lycées se faisait autrefois sur concours, mais c’est dorénavant par dossier que l’on peut les intégrer. La sélection des dossiers reste dans la tradition originelle, en effet 70% des élèves qui intègrent un lycée de la Défense sont des enfants de militaires car ils sont prioritaires. Les autres admis sont à part égale des enfants de fonctionnaires et des boursiers. Notons que le nombre de filles est identique au nombre de garçons.

Comme les lycées classiques, ces lycées dispensent un enseignement général sous le contrôle de l’État, sans enseignement spécifique. L’encadrement et les locaux sont financés par le ministère de la Défense. Ils préparent au recrutement des officiers de carrière comme l’école polytechnique ou l’école navale.

Malo Aymard

« La compétition est au rendez-vous même si un esprit de cohésion prédomine»

Entretien avec Loïc Beuvant, ancien élève interne du lycée naval, à Brest

Bonjour Loïc. Peux-tu nous raconter ton parcours depuis la seconde en quelques mots ?

Bonjour. Après mon brevet j’ai décidé d’intégrer un lycée militaire. J’ai donc passé le concours et j’ai été accepté au lycée naval, à Brest, en internat. J’y ai décroché mon Bac ES. Aujourd’hui j’étudie à Sciences-Po Paris en 2e année, j’aimerais me spécialiser dans la Défense.

Pourquoi avoir voulu intégrer un lycée militaire ?

Ces lycées sont réputés pour leur excellence.

Premièrement d’un point de vue des conditions de travail. On a 3 heures d’étude obligatoire tous les soirs après les cours et tout est fait pour que nous puissions nous consacrer pleinement à ces études (nourris, logés, blanchis !). L’ambiance de travail est donc au rendez-vous, ainsi que la compétition même si un esprit de cohésion prédomine. C’est un lycée qui prépare clairement à la prépa, la rigueur est donc indispensable !

Deuxièmement on peut y pratiquer beaucoup de sport. Au lycée naval étaient proposés des sports collectifs, de la natation, de l’athlétisme, de la voile et du surf. Tout cela en plus de l’EPS. Le but étant de s’entrainer pour le TILD, le tournoi inter lycée de la Défense.

Raconte-nous une journée type pour un élève du lycée naval interne.

Levé à 7 heures, suivi du petit déjeuner. Il faut être prêt pour l’appel à 8 heures, qui précède les cours. La pause méridienne dure une heure, le temps de déjeuner au self et de faire le ménage obligatoire dans la chambre. Les cours reprennent ensuite jusqu’à 17 heures. Mais il ne faut pas crier victoire trop vite car l’étude débute à 17h40. On dîne ensuite à 19 heures pour enchaîner sur la deuxième étude à 20 heures. On peut enfin souffler à 21h30, fumer une clope discrètement sur le front de mer, avant de rentrer à l’internat « dormir ».

Que penses-tu que ces trois années en lycée militaire t’ont apporté ?

J’y ai appris la vie en collectivité ! Voir les mêmes têtes tous les jours pendant trois ans peut créer des liens extrêmement forts, mais cela peut aussi être rapidement insupportable. Être obligé de voir en continu cette personne que tu ne supportes pas… ça fait grincer des dents. Il faut être capable de s’adapter au rythme de vie des personnes autour de soi, qui n’ont pas forcément les mêmes habitudes que vous. Cela forge la cohésion du groupe. C’est un apprentissage de la vie.

Tu me parles de vie en collectivité, tu parles donc de l’internat. Le côté militaire et rigoureux se retrouve-t-il aussi dans les chambres ou c’est plus libre?

Hahaha ! Contrairement à ce que l’encadrement peut croire et veut faire croire, l’internat est loin d’être un lieu de calme et de repos. On peut dire que c’est une colonie de vacance de 150 adolescents en quelque sorte.

Entre glissade pingouin ou sauna dans les douches, batailles de polochons annuelle face aux élèves de prépa, réveil à l’eau glacé ou encore sport surprise en pleine nuit il y a de quoi s’amuser.

Quelle est la pire plaisanterie que tu aies faite dans ce lycée ?

Oh ! Je n’étais pas le plus gros farceur, mais j’ai quelques amis qui ont fini leur terminale par un renvoi.

On veut tout savoir, raconte-nous !

C’était à la fin de mon année de terminale. Un quart des élèves de ma khroisière (promo) ont fini par être exclus, certains pour avoir déclenché l’alarme incendie, d’autres pour avoir repeint des bustes de personnages célèbres. Mais le plus fort c’était les écritures sur la pelouse qui était visible de tout l’internat au petit matin.

Un petit mot pour la fin ?

La cohésion c’est important ! Une pensée à mes amis de lycée avec qui je garde contact. Et chic’à Kheuneu* !

Lycée Naval (Brest)

*Kheuneu : surnom du Lycée Naval, anciennement nommé Collège Naval.

Entretien réalisé par Malo Aymard

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