Le Cygne noir 2017-2018

Le Cygne noir 2017-2018

Journal des élèves de l'IPSA Paris

New Horizons-Pluton : Résultats

Pluton : le centre des attentions

Étant donné que cette mission New Horizon a permis les premières observations précises de Pluton, les scientifiques en ont profité pour nommer les différentes zones géographiques de la planète naine. On peut donc distinguer la région Tombaugh, du nom du scientifique qui découvrit Pluton ; elle est aisément identifiable par sa couleur claire et sa forme de cœur. Cette région englobe les plaines Spoutnik, qui sont décrites avec plus de précision dans la suite de cet article, ainsi que des chaînes montagneuses. Une autre zone notable est la zone Cthulhu, aussi surnommée « la baleine ». C’est une zone de couleur sombre et qui s’étend sur 40% de la circonférence, en suivant l’équateur. Elle est nommée en hommage à une créature tirée des nouvelles d’H.P. Lovecraft, un écrivain du début du XXème siècle.

Photo de Pluton, couleurs presque réelles

Photo de Pluton, couleurs presque réelles

Le sol est, selon les différents instruments embarqué par la sonde, composé d’eau, d’azote et de méthane à l’état solide (donc sous forme de glace). La planète est marquée par des chaînes montagneuses, appelées Hillary Montes et Norgay Montes (montagnes d’Hillary et montagnes de Norgay, Hillary et Norgay ayant été les premiers hommes à avoir atteint le sommet de l’Everest). Ces chaînes de montagnes séparent la zone Cthulhu des plaines Spoutnik. Les plus hauts sommets sont d’environ 3 300m, et sont composées d’eau glacée. Or, selon les différents modèles physiques, la présence de montagnes glacées de cette altitude, composée d’eau, n’avait jamais semblé possible. L’hypothèse des différents spécialistes pour résoudre ce problème est l’existence d’un océan sous-marin.
Les plaines Spoutnik sont des plaines glacées qui recouvrent environ la moitié de la zone Tombaugh, et sur les photos paraissent de couleur claire. Elles sont composées, comme le reste de la planète, d’azote et de méthane. On devine sur les photos l’écoulement des glaces depuis les montagnes. Cet écoulement est la cause d’absence de cratères dans la zone.

Atmosphère

L’atmosphère de Pluton était le sujet de très nombreuses hypothèses, depuis sa découverte jusqu’à l’arrivée de la sonde. L’hypothèse préférée était celle de la présence non-permanente d’une atmosphère, ce qui a été vérifié par la mission, l’atmosphère commençant à se détériorer durant l’observation. Elle est composée d’hydrocarbures créés par la sublimation (passage de l’état solide à l’état gazeux, sans passer par l’état liquide) du méthane et de l’azote. Ce phénomène ne se produit qu’aux environs du périhélie, période pendant laquelle Pluton est au plus proche du Soleil, et donne à l’atmosphère sa couleur bleue.

Vue à contre-jour de l'atmosphère de Pluton

Vue à contre-jour de l’atmosphère de Pluton

 

L’atmosphère à une épaisseur d’environ 130 km, beaucoup plus que ce à quoi l’on s’attendait. Elle est divisée en deux parties, la première jusqu’à 80 km, la seconde de 80 à 130 km. Les images à contre-jour montre que cette atmosphère à une couleur bleue, qui se présente sous la forme d’une brume. A cause du faible champ magnétique, une partie de cette atmosphère est arrachée par les vents solaires et emportée dans l’espace interplanétaire. Cependant, le phénomène de sublimation permet la régénération de l’atmosphère. C’est ainsi que, selon les estimations, Pluton aurait perdu 6 km de diamètre.

Charon, en couleurs réelles

Charon, en couleurs réelles

Charon

Les images, arrivées très récemment en haute définition, montrent une surface géologiquement jeune, et une faible quantité de cratères, ce qui indique que ce satellite possède une géologie très active.
Charon est notamment marqué par deux importantes crevasses, de l’ordre de 8 km de profondeur, sur des centaines de kilomètres de long, ainsi que par une série de fissures qui se propagent du Nord-Ouest au Sud-Est. L’attention des scientifiques se porte pourtant sur un autre phénomène qui, lui, n’a jamais été observé jusqu’ici : la présence d’une montagne isolée dans un creux de la surface.
Pour l’anecdote, une zone sombre située au pôle Nord de Charon a été nommée Mordor en clin d’œil au Seigneur Des Anneaux, de J.R.R. Tolkien.

 

Thomas Caroff

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