Le Cygne noir 2017-2018

Le Cygne noir 2017-2018

Journal des élèves de l'IPSA Paris

Nungesser et Coli, deux aviateurs qui ont marqué l’histoire

Dans les années 1900, l’aviation prend son envol, beaucoup d’aviateurs rêvent d’exploits, on assiste à une course de vitesse, de hauteur, mais aussi de distance. L’Atlantique ne demande qu’à être traversé. C’est l’aviateur américain Charles Lindbergh qui sera le premier à réussir cet exploit, le 21 mai 1927 à bord de son fameux Spirit of Saint Louis. Mais environ deux semaines avant lui deux aviateurs français, Charles Nungesser et François Coli,avaient disparu en mer sans laisser de traces. Qui était ce duo d’aviateurs? Pourquoi ne sont-ils pas arrivés à bon port ?

« L’oiseau Blanc », l’avion de Nungesser (gauche) et Coli (droite)

« L’oiseau Blanc », l’avion de Nungesser (gauche) et Coli (droite)

 

Deux personnages atypiques

Charles Nungesser , principal pilote de cette expédition, est un héros de guerre. Né en 1892 à Paris, il décide de partir en Amérique du Sud alors qu’il n’a que 15 ans. Puis, à la veille de la première guerre mondiale, il regagne la France et intègre le second régiment de hussards. Très vite, Nungesser se fait connaître pour avoir abattu quatre officiers allemands dans leur voiture, une Mors qui apportait des papiers importants au haut commandement allemand. C’est à partir de ce jour qu’on le surnomme « Hussard de la Mors ». Par abus de langage, on le surnomme également « Hussard de la Mort ». Il obtient le droit de partir dans l’aviation en tant que pilote de bombardier à la suite de blessure lorsqu’il combattit dans les tranchées. Très doué pour ce type de missions, il obtient le droit de partir dans l’aviation de chasse, ce qu’il souhaitait, ou on lui décernera la légion d’honneur pour avoir abattu un avion et fait fuir le deuxième. Au péril de sa vie, il deviendra l’un des plus grand As français de la première guerre mondiale en totalisant 43 victoires et 11 non homologuées.
François Coli , navigateur de l’expédition est né en 1881 à Marseille. Pour la même raison que son pilote Charles Nungesser, il combattra dans l’aviation lors de la première guerre mondiale. Il rejoint donc l’escadrille des coqs et sera à sa tête en 1917. A la suite d’un accident lors de l’atterrissage, François Coli perdra son œil droit et portera, à partir de ce jour, un bandeau noir. Il obtiendra, lui aussi la légion d’honneur. A la fin de cette guerre, François Coli décide de faire des « raids aériens ». En effet, en 1919, avec son pilote Henri Roget, il parviendra à battre le record de distance en réussissant la double traversée de la mer méditerranée.

Les débuts d’une aventures unique

La rencontre des deux hommes se fera grâce au prix Orteig. Ce défi, lancé par Raymond Orteig propriétaire d’hôtels, consiste à réussir la traversée de l’Atlantique de New York à Paris sans escales avec 25 000 dollars à la clé. Le sens de la traversée n’est pas spécifié. C’est pourquoi, en 1923, François Coli et son associé Paul Tarascon s’inscrivent à ce concours. Mais lors de leurs essais sur l’avion Potez 25, la météo n’est pas clémente et la foudre s’abat laissant leur engin inutilisable. Pendant ce temps Nungesser, en 1923, épouse Consuelo, une jeune milliardaire américaine et décide de créer une école de pilotage qui fera faillite. Peu de temps après, sa femme demande le divorce, et Nungesser, ruiné, s’inscrit seul au prix Orteig. Coli, qui n’a plus de pilote s’associe alors avec Nungesser et tous deux obtiennent, sur mesure, leur mythique avion biplan Levasseur P.L.8, surnommé « l’oiseau blanc ».
Le grand départ est prévu à l’aube du 8 mai 1927 à l’aéroport du Bourget. Sur une piste en herbe, l’avion est prêt à s’envoler au milieu d’une foule de personnes venu regarder cet événement. A 5h21, le grand départ est lancé, « l’oiseau blanc » s’envole suivit de quatre appareils qui l’escorteront. Le train d’atterrissage fut largué juste après le décollage pour améliorer l’aérodynamisme et de ce fait emmener moins d’essence. Arriver à Etretat, ville touristique aux bords de la Manche, l’escorte part laissant Nungesser et Coli face une gigantesque étendue d’eau.

Train d’atterrissage largué à Gonesse après le décollage de « L’Oiseau Blanc »

Train d’atterrissage largué à Gonesse après le décollage de « L’Oiseau Blanc »

Une disparition inexpliqué

Il existe de nombreuses hypothèses sur leur disparition. Tout d’abord on a pensé qu’ils se seraient écrasés en mer pendant une tempête. Mais au fur et à mesure que l’enquête avance, on pense plutôt qu’ils auraient contournés vers le Nord passant ainsi près de Saint-Pierre-et-Miquelon à coté de Terre-Neuve. En 1927, juste après leur disparition, les recherches débutent. Bateaux et avions emprunte le cap que les deux pilotes avaient préalablement décidé. Très vite, quelques témoignages dont celui du commandant du sous-marin britannique H-50, prouve que l’oiseau blanc aurait atteint l’océan Atlantique. En 1980, Roland Nungesser, neveu du pilote, demande une enquête qui sera confié a M. Meunier. Celui-ci publiera le rapport Meunier regroupant tous les témoignages depuis ce terrible accident. La dernière campagne de recherche à débuter en 2009 autour de l’ile de Saint-Pierre-et-Miquelon (territoire français), sans succès. Enfin la dernière hypothèse basée sur des témoignages récents montrerait que Nungesser et Coli aurait été abattus par des trafiquants d’alcool. D’après Bernard Decré, créateur du tour de France à voile, à cette époque, Saint-Pierre-et-Miquelon est une ile très convoitée par ces trafiquants qui étaient prêts à tout pour ne jamais être retrouvés.

Monument consacré à la mémoire de Nungesser et Coli.

Monument consacré à la mémoire de Nungesser et Coli.

En 1927 à Etretat est érigé un monument en leur mémoire. Détruit par l’armée allemande durant l’occupation en 1942, le monument est restauré 20 ans plus tard et on a ajouté une flèche pointant, dit-on, vers la dernière position de l’avion avant qu’il ne disparaisse.
Kévin Michelo

Pour en savoir plus

Musée Nungesser et Coli à Étretat
Musée de l’Air et de l’Espace au Bourget
Reportage « Le mystère de l’Oiseau Blanc »

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