Le Cygne noir 2017-2018

Le Cygne noir 2017-2018

Journal des élèves de l'IPSA Paris

Ogdy. Récit d’une impressionnante rentrée atmosphérique

Mis en ligne en décembre 2017

« Imaginons un caillou croissant l’orbite terrestre pénétrant sont atmosphère à des vitesses de l’ordre de 30 km/s.
Le caillou comprimerait alors l’air devant lui à un tel point que celui-ci formerait une onde de choc, s’échauffant à plusieurs milliers de degrés en une fraction de secondes. Cet échauffement phénoménal suffit à désintégrer l’objet dans un éclair de lumière qui traverse furtivement le ciel, le flash de son entré dans l’atmosphère émet des ondes radios, on peut donc l’entendre : c’est ce qu’on appelle une étoile filante. »

Nous sommes le Mardi 30 juin 1908 et il est 7h17.  La matinée démarrait à peine dans la vallée de la rivière Toungouska. Soudainement, les habitants sont interpellés par une gigantesque boule de feu venu du ciel de la Sibérie central. A 15 km d’altitude, elle atteignit l’éclat du soleil, c’était un deuxième soleil que les témoins terrorisés voyaient. Quelques secondes avant l’impact, à Vanavara , la ville la plus proche de l’impact, elle atteignit la magnitude de -32 , c’est-à-dire 100 fois l’intensité du soleil ! Ce corps étrange explose alors dans un éclat de lumière et de bruit telle que les habitants de Vanavara furent éblouis et balayer par un souffle brulant. Au-dessus de la zone de l’impact, nuages et flammes dominaient le paysage si bien que les témoins rapportent : « une fontaine de feu montait vers le ciel à plus de 20 km ». Ils crurent que leur dieu du feu Ogdy , tombait sur la Terre . Ce nom, Ogdy sera plus tard repris par les scientifiques pour désigner l’étrange boule de feu.
L’explosion a été entendue à plus de 1500 km, et a été enregistrés, à la même distance, sous forme de séisme à une magnitude de 5.
L’évènement de la Toungouska vient alors de se produire.

Leonid Kuik et sont équipe lors de la première expédition scientifique en 1927.Source : Ovniufoebe

Malgré une entrée en scène fracassante, Ogdy ne capte pas l’intérêt des gouvernements.

Les premières nuits qui suivirent l’évènement furent si clair qu’on pouvait encore lire à minuit. Ce phénomène causer par Ogdy était dû à la dispersion d’un très grand nuage de poussières lors de sa rentrer dans l’atmosphère
Les hypothèses préliminaires des scientifiques pour décrire ce mystère font issu d’une météorite gigantesque qui avait dû causer un cratère tout aussi grand.
Malgré l’apparition tape à l’œil d’Ogdy, aucune recherche n’est amorcée. Il faudra attendre que la Première Guerre Mondial se termine, que la révolution se tasse et que les scientifiques convainquent le gouvernement de financer l’expédition pour débuter les recherches. Le minéralogiste Leonid Kuik deviendra en 1927 le premier scientifique à entamer les recherches sur site, soit dix-neuf ans après l’explosion.

La première expédition, ou, comment Ogdy a réussi à s’imposer dans le monde scientifique.

La Sibérie central étant très dense et peu habités, Leonid convint une population locale de l’emmener sur la zone d’impact, Mais les toungouzes s’arrêtèrent vite. Pour eux, franchir la zone d’impact attirerais des esprits malfaisants du démons du feu. Leonid et son équipe s’engage alors vers le mystérieux site où un magnifique spectacle naturel les attendaient …
Sur l’horizon, plus de 2000km² de forêts rasées, les arbres sont tous couché dans le même sens.

Des arbres balayer par le gigantesque souffle de l’explosion. Source : Paris Match

Le premier réflexe des expéditeurs fût de chercher le point d’impact de l’objet, Ogdy . Mais la surprise était de taille, au centre, là ou devrait être le présumé cratère, ne se trouve qu’une zone de 8 km² brulé aux racines.
Dans cette zone brulée, une dépression marécageuse de plusieurs km² avec une centaine de cavités peu profondes fut observer. Tout d’abord considéré comme des cratères météoritiques, vestige de la dislocation d’Ogdy, il sera plus tard affirmé que ses cavités sont d’origine naturel et qu’Ogdy n’y avait aucun lien.

La grande zone du point d’impact d’Ogdy, aucun cratère apparent ! Source :Gettyimage.com

La question qui entait nos scientifiques était de taille : Comment un impact aussi puissant n’a-t-il pus engranger de cratère ?   Pourquoi n’y a-t-il pas de météorite ou même des fragments sur le site ?  Ces questions majeures ont eu le droit à leurs hypothèses, celle de la comète avec désintégrations dans l’atmosphère, ce phénomène courant en haute altitude serait le plus probable pour expliquer l’absence total de cratères

Schéma de l’hypothèse d’explosion d’Ogdy dans l’atmosphère expliquant l’absence de cratère Source : Scientifique-park.

1930-1939 d’autres expéditions plus avancées sur l’impact d’Ogdy.

Deux longues expéditions sur le site de l’explosion eurent lieu, en 1928 et en 1930 mais elles n’apportèrent rien de très nouveau bien qu’elles dureront 1 ans chacune.
C’est en 1939, grâce à une couverture photographique aérienne de la région, que l’on a pu  se faire une idée sur la région touchée et d’observer les dégâts monstrueux , encore reconnaissable après trente ans .

L’immense zone touché par l’explosion d’Ogdy révélé au grand public. Source : Wikipédia.

Ces expéditions confortèrent de plus en plus l’hypothèse de l’explosion dans l’atmosphère, cependant, l’incertitude sur la nature de l’objet reste entier. Deux autres expéditions seront menés après la seconde guerre mondiale en 1958 et 1961 avec leurs lots d’hypothèses sur Ogdy . Pendant ce temps les médias publieront des clichés sur les gigantesques dégâts causés par ce mystérieux objet. L’heure était venue pour les plus inventifs, de s’adosser à des hypothèses plus ou moins farfelues sur la nature d’Ogdy.

L’épineuse question de la nature d’Ogdy

Pendant 70 ans, trois hypothèses valables était en concurrence sur la nature d’Ogdy le noyau cométaire, la comète active, et pour finir le « vrai astéroïde » Mais les scientifiques s’accordent aux moins sur quelques chiffres :
La puissance de l’explosion a été établie à 5*10^16 joules soit l’équivalent de la puissance de trois cents bombes d’Hiroshima ou bien cinquante millions de TNT
La Masse d’Ogdy est comprise entre 1 et 5 Millions de tonnes.
Elle mesurait entre 60 et 80 mètres de diamètre.
On sait aussi que des mutations sont apparues sur plusieurs espèces d’insectes qui ont repeuplé la région sinistrée.
L’hypothèses de la comète :
Lors de campagnes sur le terrain en 1958 des microsphérules de silicates soupçonnées d’être des vestiges de comètes, donne naissance à cette théorie. Il a également été trouver des billes microscopiques d’aspect vitreux contenant du gaz carbonique ou du sulfure d’hydrogène sur la zone sinistré, correspondant à la composition d’une comète.
Enfin, les phénomènes lumineux, lorsque le ciel nocturne était très clair, serait due au passage de la terre à l’intérieur de la queue de poussières de la comète. Tout cela postule pour l’origine cométaire, mais nous allons voir que tout n’est pas encore décidé quant à la nature d’Ogdy …
L’hypothèse du noyau cométaire :
De nombreux spécialistes croient qu’Ogdy était une chondrite carbonée géante, ce qui correspond à la composition d’un noyau cométaire pour un diamètre de 70 mètres environ.
La majorité des effets constatés pendant et après l’explosion dans l’hypothèse cométaire restent valables dans celle du noyau. Mais celui des phénomènes lumineux devient moins évident et est plus difficile à expliquer par les défenseurs du noyau cométaire.
L’hypothèse de l’astéroïde :
Cette hypothèse qui revient progressivement sur le devant de la scène, était jusqu’à aujourd’hui de loin la plus probable.
L’étude soigneuse de milliers de clichés d’astéroïde a pu permettre de distinguer trois types différents de corps heurtant la Terre. C’est sur les météorites carbonés qu’Ogdy se rapprocherai le plus. Cette information nous vient d’une autre boule de feu, beaucoup plus petite cette fois-ci. L’astéroïde aurait cette fois-ci survolé la ville d’Ojarks aux Etats-Unis et se serait désintégrée à 22km d’altitude donnant lieu à des fortes explosions avec des grandes ondes de chocs, comme en Sibérie. Des débris ont été retrouver sur le sol américain. Cependant il y a un problème, Ogdy à exploser entre 5 et 10 km d’altitude et était beaucoup plus grande. A cette altitude, c’est une explosion basse, difficilement conciliable avec l’hypothèse d’un astéroïde cométaire car avec un noyau à base de chondrite carbonée , qui est un matériau fragile , on retrouve quand même des débris qui arrive parfois à toucher le sol , alors qu’Ogdy n’a quant à elle , pas laisser de trace .
C’est donc ce problème de l’explosion tardive avec aucun fragments retrouvé qui donne du mal aux scientifiques à percer sa nature.
Avec les moyens d’aujourd’hui, une équipe Italienne a étudier des gouttes de résine datant de 1908 très bien préserver dans un tronc d’un arbre, cette résine a énormément apporter aux scientifiques, qui penchent, cette fois-ci, pour un morceau d’astéroïde venu du géant astéroïde HEPHAISTOS qui mesurait ni plus ni moins que 100 km de diamètre !  Il aurait été piéger par l’orbite de Jupiter ou Saturne, et est venue frôler mars et la terre. A la suite de ses forts approches, HEPHAISTOS se serait désintégrer en millier de morceaux formant ainsi Ogdy.

La course contre la montre pour trouver des indices.

Les Russes, propriétaires des lieus et conscient de l’intérêt scientifique de cette zone, l’ont internationalisé pour que les scientifiques du monde entier puissent étudier l’évènement de la Toungouska. Le retard pris pour étudier la zone d’impact (19 ans) a été une faute impardonnable sur le plan scientifique. C’est une véritable course de vitesse entre spécialistes qui démarre pour percer les secrets encore bien caché d’Ogdy. Mais vite, la nature reprend ces droits, et emporte avec elle peut-être, des indices majeurs pour nos scientifiques.
On pense aujourd’hui que de petites fragments d’Ogdy ont pu se séparer du corps principal et ainsi éviter la désintégration générale à 5-10 km. Il ne reste plus qu’a trouver ses petits fragments qui permettraient peut-être d’étudier, d’une part la nature définitive d’Ogdy mais aussi, le géant HEPHAISTOS venu des tréfonds de l’univers et qui fascine tant les scientifiques que les hommes.

La nature reprend ses droits sur la Toungouska et petit à petit les maigres indices s’évincent … Source : Wikimapia.

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