Le Cygne noir 2017-2018

Le Cygne noir 2017-2018

Journal des élèves de l'IPSA Paris

Sous le soleil guadeloupéen

C’est parti !

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Parcours du vol

Ça y est, c’est le jour J ! Après deux jours d’attente pour cause de mauvaise météo (tempête tropicale), je me rends sur l’aérodrome de Saint-François, situé dans un de nos plus beaux départements français : la Guadeloupe. Il se trouve à une vingtaine de kilomètres à l’est de Pointe-à-Pitre, la « capitale » de la Guadeloupe. Je prends place, avec mon instructeur, dans un Cessna 172 de 180 chevaux. Nous démarrons la bête ; tous les paramètres se trouvent dans le vert. Nous nous alignons sur la piste numéro 11, avec 600 m pour assurer le décollage. Ici, on est entouré d’océan ! Le vent, constant, dans les 50 km / h, est, heureusement pour nous, de face, ce qui nous assurera une bonne montée et un décollage plus court. En à peine 300 m, 60 nœuds (110 km / h) atteints, nous tirons doucement sur le manche et ça décolle. Nous sommes en l’air !

 

 

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La Soufrière dans les nuages

Quelques secondes plus tard, nous commençons à voir l’extrémité de la Guadeloupe ─ la « pointe des Châteaux », pour ceux qui connaissent ─, qui donne sur une petite île, la Désirade. L’eau est magnifique, d’un turquoise très prononcé, qu’on ne voit pas forcément depuis la terre ferme. Nous atteignons notre altitude de croisière de 1500 ft (500 m). Nous croisons droit sur l’ouest, longeant la côte de Grande Terre à 135 nœuds (250 km / h). En quelques minutes, nous arrivons sur l’île de Basse Terre, sauvage et montagneuse, sur laquelle se dresse le célèbre volcan de la Soufrière (1 467 m au point culminant). Sur la gauche, nous voyons une barrière de corail près de la plage ; de l’autre côté, des montagnes couvertes d’une épaisse forêt tropicale. Impossible d’en distinguer le bout, car les nuages s’accrochent aux parois.

 

 

L’approche

Nous atteignons l’extrémité de Basse Terre, cap sur les îles des Saintes, à 15 km droit devant. Pendant la traversée entre les deux îles, nous procédons au briefing approche et choisissons quelle procédure d’arrivée retenir en fonction de la direction du vent. Nous nous poserons sur la piste 09, ce qui signifie l’approche la plus compliquée.

Photo aérienne de l'île des Saintes

Photo aérienne de l’île des Saintes

Pour atterrir aux Saintes, il faut disposer d’une qualification. En effet, la piste se situe entre les montagnes ; de plus, il s’agit de survoler le lagon et les maisons à moins de 15 m de haut ; enfin, cerise sur le gâteau, la piste, de seulement 550 m de long sur 15 m de large, est en pente et se termine dans la mer…

Nous voila à 30 mètres de la plage

Nous voila à 30 mètres de la plage

Ça y est, nous arrivons ! L’instructeur m’autorise à prendre les commandes pour l’atterrissage. Un fort vent balaie l’île, ce qui ne m’aide pas sur ce terrain difficile. Après avoir survolé la ville, j’engage un virage pour m’aligner avec la piste. Dès le posé des roues, je freine tant bien que mal pour ne pas finir dans l’eau. Nous voilà arrêtés à quelque 30 m de la plage.

Point de vue

C’est magique et dépaysant de voler dans ce genre d’endroit. En effet, il existe beaucoup de différence entre voler sur le continent et voler dans les îles. Par définition, le fait de voler correspond à la recherche d’une liberté totale, à la volonté de se « couper » du monde le temps du vol. Aller où l’on veut, quand on veut. Dans les Caraïbes, c’est plus compliqué car, une fois en l’air, en à peine 10 ou 15 minutes, on traverse l’île et, ensuite, on est entouré d’une masse d’eau qui paraît infinie. On est libre mais, finalement, enfermé. Quelle que soit la destination, c’est à au moins une heure de vol, au-dessus de l’océan, sans échappatoire possible. C’est assez frustrant de se retrouver autour de « rien »… Et s’il arrive quelque chose… « Non, ne vaut mieux pas y penser », comme dit mon instructeur.

Alexis Jallerat

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