Le Cygne noir 2017-2018

Le Cygne noir 2017-2018

Journal des élèves de l'IPSA Paris

Traverser l’Atlantique sans laisser d’empreinte

En 2015, Raphaël Dinelli va tenter de rééditer l’exploit de Lindbergh : traverser l’Atlantique en avion. Mais si Lindbergh l’a déjà fait, ce n’est donc plus un exploit, direz-vous. Eh bien si, car le navigateur français va le faire au moyen d’un avion qui ne rejette pas de carbone : Eraole.

Raphaël Dinelli se lance un nouveau défi

Lui qui a participé à quatre Vendée Globe se lance un nouveau défi : rallier Paris à partir de Saint-Pierre-et-Miquelon au moyen d’un avion cent pour cent propre. Après vingt ans passés à naviguer, Raphaël Dinelli a en effet décidé de lutter à son échelle contre la pollution qui envahit sa seconde patrie, l’océan. Une fois son projet annoncé, au Bourget en 2009, il a pris des cours de pilotage et a travaillé avec une équipe de chercheurs, au sein de la fondation Océan vital, qu’il a créée en 2007, au développement des innovations nécessaires. Depuis son annonce, le projet est ainsi passé du concept au plan, via des études d’aérodynamique menées avec l’Onera, le centre français de recherche aérospatiale. Il s’attaque maintenant à la réalisation.

Râ et Éole : le soleil et l’air

Raphaël Dinelli et son panneau solaire souple.

Raphaël Dinelli et son panneau solaire souple.

Eraole est un avion hybride monoplace totalement en carbone, propulsé à 25 % par l’énergie solaire et à 75 % par de l’hydrogène (présent dans l’atmosphère). L’énergie solaire sera fournie par les 43 mètres carrés de cellules photovoltaïques placées sur les ailes du biplan. Par beau temps, Eraole pourra voler jusqu’à quatre heures en totale autonomie. Quant à la partie hydrogène, l’énergie sera fournie par une pile. L’avion utilise donc deux énergies renouvelables. Un subtil mélange entre Râ, le dieu soleil égyptien, et Éole, le dieu grec du vent, donc de l’air.
De plus, cet avion est composé de nombreuses innovations mises au point par l’équipe de chercheurs de la fondation. La fierté de son laboratoire est un procédé d’encapsulation de cellules photovoltaïques à haut rendement au sein d’un composite renforcé à la fibre de verre. De quoi produire des plaques photovoltaïques souples et transparentes.

Encore des problèmes de mise en œuvre

Eraole, l’avion « décarboné ».

Eraole, l’avion « décarboné ».

Mais tout n’est pas simple, dans la création de l’avion du futur ; les problèmes de mise en œuvre sont nombreux. Par exemple, les chercheurs ont encore des difficultés avec le stockage de l’énergie obtenue grâce aux panneaux solaires. Il en est de même pour le poids des batteries, qui sont encore très lourdes, ce qui impacte le poids de l’avion et donc sa consommation d’énergie. De plus, ces batterie ont parfois des problèmes de surchauffe, ce qui peut engendrer de graves conséquences. Enfin, un dernier obstacle et qui n’est pas des moindres : le coût. Ce dernier est estimé à 5,7 millions d’euros. Malgré les partenaires, l’équipe de Raphaël Dinelli n’a pas encore réuni la totalité de la somme. Souhaitons-lui bonne chance !

Romain Amory

Pour en savoir plus

« Eraole, l’avion hybride électricité-hydrogène décollera en 2015 », sur le site Techniques de l’ingénieur
« Eraole : l’avion hybride du futur », sur BFMTV
« Eraole : un avion hybride pour traverser l’Atlantique », sur le site Industries et Technologies

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